Afin d’apporter la preuve des faits mentionnés au chapitre précédent, nous nous servirons d’une première et irréfutable preuve, qui est le témoignage de l’historien juif contemporain le plus autorisé en la matière, le diligent et minutieux Cecil Roth, connu à juste titre dans les milieux israélites comme le chercheur contemporain le plus illustre, surtout en matière de crypto-judaïsme.
Dans son ouvrage célèbre “l’Histoire des Marranes”, Cecil Roth donne des détails très intéressants sur la manière dont les juifs, grâce à leurs conversions aussi apparentes que fausses, réussirent à s’introduire dans la Chrétienté, agissant publiquement en chrétiens tout en conservant en secret leur religion juive. Il nous montre aussi comment cette foi clandestine se transmit de père en fils, couverte sous les apparence d’un Christianisme extérieurement militant. Mais pour être objectifs, nous laisserons la parole à l’historien juif Cecil Roth lui-même, dont nous allons reproduire ci-après une partie de l’Introduction de “l’Histoire des Marranes”, qui fut publiée par la maison d’édition Editorial Israel de Buenos Ayres en 1946, l’année juive 5746, et qui dit ceci :
INTRODUCTION. Antécédents du crypto-Judaisme.
Le crypto-judaïsme sous ses diverses formes est aussi ancien que les juifs eux-mêmes. A l’époque de la domination hellénique en Palestine, ceux qui étaient faibles de caractère essayaient de cacher leur origine afin d’échapper au ridicule des exercices athlétiques. Sous la férule romaine, se développèrent également des subterfuges pour échapper à l’impôt juif spécial, le fiscus judaïcus, institué après la chute de Jérusalem, et l’historien Suétone fait un récit animé des indignités infligées à un nonagénaire dans le but de découvrir s’il était juif ou non.
“L’attitude juive officielle, telle qu’elle s’exprime dans les sentences des rabbins, ne pouvait être plus claire. Un homme peut et doit sauver sa vie en danger, par tous les moyens, sauf l’assassinat, l’inceste et l’idolâtrie. Cette réserve s’appliquait également au cas où l’on se trouvait obligé de faire un geste de renonciation publique à la foi. Mais en revanche, la simple occultation du Judaïsme était quelque chose de tout à fait différent. Les rigoristes exigeaient que l’on ne renonce pas aux vêtements typiques, si cela était imposé comme une mesure d’oppression religieuse. Mais une aussi ferme fidélité aux principes ne pouvait s’appliquer à tout le monde. La loi juive traditionnelle admet des exceptions pour les cas dans lesquels, par obligation, il serait impossible d’observer les préceptes (ones), ou bien dans lesquels tout le Judaïsme vivrait des jours difficiles (scheat ha-chamad). Le problème se fit actuel vers la fin de l’époque talmudique au Vème siècle, durant les persécutions zoroastriques en Perse ; mais il fut résolu davantage grâce à l’inobservation forcée des observances traditionnelles que par une conformité positive avec la religion dominante. Le Judaïsme devint en quelque sorte souterrain, et ne recouvra sa liberté que des années plus tard.
“Avec l’essor des doctrines chrétiennes s’imposant définitivement en Europe au IVème siècle, commença une phase bien différente de la vie juive.
“La nouvelle foi réclamait pour elle la possession exclusive de la vérité et considérait inévitablement le prosélytisme comme l’une de ses obligations morales majeures. L’Eglise réprouvait assurément les conversions forcées. Les baptêmes effectués dans ces conditions étaient considérés sans valeur. Le Pape Grégoire le Grand (590-604) les condamna à plusieurs reprises, mais il accueillait de bon gré les prosélytes attirés par d’autres moyens. La majeure partie de ses successeurs suivirent son exemple. Malgré tout, l’on ne faisait pas toujours cas de l’interdiction papale. Naturellement, on reconnaissait que la conversion forcée n’était pas canonique. Pour la tourner, on menaçait les juifs d’expulsion ou de mort, et on leur donnait à entendre qu’ils se sauveraient par le baptême. Alors, il arivait parfois que les juifs se soumissent à la dure nécessité. Dans ces cas-là, leur acceptation du Christianisme était considérée comme spontanée. Il y eut ainsi une conversion forcée en masse à Mahon, dans l’ile de Minorque (en 418), sous les auspices de l’Evêque Sevère. Un épisode semblable eut lieu à Clermont, en Auvergne, le matin du jour de l’Assomption de l’année 576, et nonobstant la désapprobation de Grégoire le Grand, l’exemple se répandit en divers points de France. En 629, le Roi Dagobert ordonna à tous les juifs du pays d’accepter le baptême sous peine de bannissement. La mesure fut peu après imitée en Lombardie”.
“Evidemment les conversions obtenues par de tels procédés ne pouvaient être sincères. Dans la mesure du possible, les victimes continuaient à pratiquer secrètement le Judaïsme et profitaient de la première opportunité pour revenir à la foi de leurs ancêtres.
“Un cas semblable digne d’être noté se produisit à Byzance sous Léon l’Isaurien, en 723. L’Eglise le sut et fit ce qu’elle pouvait pour éviter que les juifs continuassent à maintenir des relations avec leurs frères renégats, quels que fussent les moyens par lesquels on avait obtenu leur conversion. Les rabbins appelaient ces apostats malgré eux des anusim (forcés), les traitant de manière toute différente de ceux qui reniaient de leur propre volonté”. L’une des premières manifestations de la sagesse rabbinique en Europe fut le livre de Gerschom de Magunce : “La Lumière de l’Exil” (écrit aux environs de l’an 1000) qui interdisait de traiter avec rudesse les “forcés” qui retournaient au Judaïsme ; son propre fils avait été victime des persécutions, et, bien qu’il mourut en tant que chrétien, Guerschom prit le deuil comme si ce fils était mort dans la foi. Lors du service à la Synagogue, il y a une prière qui implore la protection divine pour toute la “Maison” d’Israël, et aussi pour les “forcés” qui seraient en danger sur terre ou sur mer, sans faire la moindre distinction entre les uns et les autres.
“Lorsque débuta le martyrologe du Judaïsme médiéval avec les massacres du Rhin durant la première croisade (en 1096), nombreux furent ceux qui acceptèrent le baptême pour sauver leur vie. Plus tard, encouragés et protégés par Salomon-ben-Isaac de Troyes (Raschi), le grand savant franco-juif, beaucoup d’entre eux revinrent à la foi mosaïque, en dépit du fait que les autorités ecclésiastiques voyaient d’un mauvais œil la perte de ces âmes précieuses, antérieurement gagnées par elles pour l’Eglise.
“Le phénomène du marranisme tient cependant davantage à la conversion forcée et à sa conséquence pratique du Judaïsme secret. Sa caractéristique essentielle est que cette foi clandestine s’y transmettait de père en fils. L’une des raisons alléguées pour justifier l’expulsion d’Angleterre des juifs en 1290 fut qu’ils séduisaient les récents convertis et les faisaient retourner aux “vomissements du Judaïsme”. Les chroniqueurs juifs s’accordent à dire que de nombreux enfants convertis furent séquestrés et envoyés dans le nord du pays, où ils continuèrent longtemps à pratiquer leur ancienne religion. C’est à ce fait, nous informe l’un d’eux, que l’on doit que les Anglais aient accepté aussi facilement la Réforme, et aussi leur prédilection pour les prénoms bibliques ainsi que certaines particularités diététiques observées en Ecosse. Cette version n’est pas si improbable qu’il pourrait paraître à première vue, et constitue un intéressant exemple de la manière dont le phénomène du crypto-judaïsme peut apparaitre, là où apparemment on l’y attendrait le moins. De la même manière, deux cents ans après que les juifs aient été expulsés du sud de la France, de malicieux généalogistes retrouvaient dans certaines lignées de familles, qui disaient pratiquer le Judaïsme dans leurs foyers, des traces du sang de ces juifs qui préférèrent demeurer dans le pays en tant que catholiques publics et confessants.
“Des exemples similaires existent, beaucoup plus proches de nous dans le temps. Le plus notable de tous est celui des néophytes d’Apulie, récemment mis en lumière après de nombreux siècles d’oubli. A la fin du XIIIème siècle, les Angevins qui règnaient à Naples provoquèrent une conversion générale des juifs de leurs domaines qui résidaient dans les environs de la ville de Trani. Sous le nom de néophytes, ces convertis continuèrent à vivre en crypto-juifs pendant plus de trois siècles. Leur secrète fidélité au Judaïsme fut l’un des motifs pour lesquels l’Inquisition se rendit active à Naples au XVIème siècle. Beaucoup d’entre eux moururent sur le bûcher à Rome en février 1572, notamment Téofilo Panarelli, un savant d’une certaine réputation. Certains réussirent à fuir dans les Balkans, où ils s’incorporèrent aux communautés juives existantes.
“Le phénomène ne resta aucunement confiné au monde chrétien. On trouve aussi dans divers lieux du monde musulman d’antiques communautés de crypto-juifs. Les “Dagatuns” du Sahara continuèrent à pratiquer les préceptes juifs très longtemps après leur conversion formelle à l’Islam, et leurs vestiges actuels ne les ont pas du tout oubliés. Les “Donmeh”de Salonique descendent des partisans du pseudo-messie Sabbetai Zevi qui’ils accompagnèrent dans l’apostasie, et bien qu’ils soient ostensiblement des musulmans accomplis, ils pratiquent dans leurs foyers un Judaïsme messianique. Plus à l’est, il y en a encore d’autres exemples. Les persécutions religieuses en Perse inaugurées au XVIIème siècle laissèrent dans le pays, en particulier à Meshed, de nombreuses familles qui observaient le Judaïsme en privé d’une manière scrupuleuse et même pointilleuse, tout en étant extérieurement des adeptes de la foi dominante.
“Mais le pays classique du crypto-judaïsme est l’Espagne. La tradition en a été si prolongée et si générale que l’on a pu soupçonner l’existence d’une prédisposition marranique dans le milieu local lui-même. Déjà à l’époque romaine, les juifs y étaient nombreux et influents. Beaucoup d’entre eux prétendaient descendre de l’aristocratie de Jérusalem, forcée à l’exil par Titus ou par des conquérants antérieurs. Au Vème siècle, après les invasions des barbares, leur situation s’améliora beaucoup, car les Wisigoths avaient adopté la forme arienne du Christianisme et favorisaient les juifs à la fois parce qu’ils étaient de stricts monothéistes et parce qu’ils constituaient une minorité influente dont il était précieux de s’assurer l’appui ; mais (ces barbares) s’étant convertis à la foi catholique, ils s’empressèrent de montrer ensuite le zèle traditionnel des néophytes. Les juifs souffrirent immédiatement des désagréables conséquences d’un tel zèle. En 589, une fois Récarède intronisé comme roi, la législation ecclésiastique commença de leur être appliquée dans ses moindres détails. Ses successeurs ne furent pas aussi sévères, mais lorsque Sisebuto accéda au trône (612-620), le plus strict fanatisme prévalut. A l’instigation peut-être de l’Empereur byzantin Héraclius, il publia en 616 un édit qui ordonnait le baptême de tous les juifs de son royaume sous peine d’expulsion et de la perte de leurs propriétés. D’après les chroniqueurs catholiques, quatre-vingt dix mille embrassèrent la foi chrétienne. Ce fut le premier des grands désastres de l’histoire des juifs en Espagne.
“Jusqu’au règne de Rodrigue, le “dernier des Wisigoths”, la tradition des persécutions fut fermement suivie, à l’exception de brèves interruptions. Durant une grande partie de cette période, la pratique du Judaïsme fut complètement prohibée. Cependant, dans la mesure où la vigilance gouvernementale se relâcha, les récents convertis en profitèrent pour retourner à leur foi primitive. Les Conciles successifs de Tolède, du quatrième au dix-huitième, consacrèrent leurs énergies à inventer de nouvelles méthodes pour empêcher le retour à la Synagogue. Les enfants des suspects furent séparés de leurs parents pour être élevés dans un milieu purement chrétien. On obligea les convertis à signer une déclaration qui les obligeait à ne plus observer à l’avenir aucun rite juif, sauf l’interdiction de la viande de porc, viande pour laquelle ils disaient ressentir une répugnance physique. Mais en dépit de ces mesures, la notoire infidélité des récents convertis et de leurs descendants continua d’être l’un des grands problèmes de la politique wisigote jusqu’à l’invasion musulmane en 711. Le nombre de juifs trouvés dans le pays par cette dernière fut la preuve de l’échec complet des tentatives répétées pour les convertir. La tradition marrane s’était déjà instaurée dans la péninsule.
“Avec l’arrivée des arabes commença pour les juifs d’Espagne un âge d’or: d’abord dans le Califat de Cordoue, puis, après sa chute (en 1012), dans les petits royaumes qui s’élevèrent sur ses ruines. Le Judaïsme péninsulaire prit alors notablement de la vigueur. Ses communautés dépassèrent en nombre, en culture et en richesse celles de tous les autres pays de l’Occident. Mais la longue tradition de tolérance s’interrompit avec l’invasion des Almoravides, au début du XIIème siècle. Lorsque les Almohades, secte puritaine d’Afrique du Nord, furent appelés dans la péninsule en 1148 pour contenir l’avance menaçante des forces chrétiennes, la réaction se fit violente. Les nouveaux dirigeants implantèrent en Espagne l’intolérance dont ils avaient fait preuve en Afrique. La pratique du Judaïsme fut prohibée aussi bien que celle du Christianisme dans les provinces qui demeuraient sujettes à la domination musulmane. La majeure partie des juifs s’enfuit, rejoignant les royaumes chrétiens du Nord ; c’est alors que débuta l’hégémonie des communautés de l’Espagne chrétienne. La minorité qui ne put fuir et qui réussit à ne pas être égorgée ni vendue comme esclave suivit l’exemple donné bien des années avant par leurs frères du nord de l’Afrique, et elle embrassa la religion de l’Islam. Mais au plus profond de leurs cœurs, ils continuèrent cependant à demeurer fidèles à la foi de leurs ancêtres. Réapparut dans la péninsule le phénomène des prosélytes insincères, qui payaient leur tribut des lèvres à la religion dominante, mais observaient dans l’intimité de leurs foyers les traditions juives. Leur infidélité était notoire”.2)
Ce texte intégral de l’historien juif Cecil Roth vient de nous démontrer :
1. Que le crypto-judaïsme ou Judaïsme clandestin sous ses diverses formes est aussi ancien que les juifs eux-mêmes, et que même dans l’Antiquité paienne, les juifs recouraient déjà à l’artifice de cacher leur identité comme tels pour se faire apparaitre comme des membres ordinaires du peuple gentil au milieu duquel ils vivaient;
2. Qu’au Vème siècle de l’ère chrétienne, durant les persécutions dans la Perse zoroastrique, le Judaïsme devint d’une certaine manière souterrain ;
3. Qu’avec l’essor des doctrines chrétiennes au IVème siècle commença une nouvelle phase de la vie juive, du fait que la nouvelle foi réclamait pour elle la possession exclusive de la vérité, considérant inévitablement le prosélytisme comme l’une de ses obligations morales majeures. Bien que l’Eglise chrétienne condamnait les conversions forcées et qu’elle essaya d’en protéger les juifs, elle accepta néanmoins qu’ils fussent soumis à des dilemnes et des pressions qui les inclinent à des conversions, qui dans ces cas-là étaient jugées spontanées. Cet auteur cite alors des conversions de ce type réalisées à Minorque, en France et en Italie, aux Vème et VIème siècles de l’ère chrétienne, pour ensuite conclure que de telles conversions de juifs au Christianisme ne pouvaient être sincères et que les convertis continuaient à pratiquer leur Judaïsme de manière occulte.
Il signale qu’à Byzance il se produisit une situation similaire au temps de Léon l’Isaurien en l’année 723, démontrant ainsi que déjà au VIIème siècle de l’ère chrétienne, c’est à dire il y a plus de mille deux cents ans, de France à Constantinople et d’une extrêmité à l’autre de l’Europe chrétienne, l’infiltration des juifs au sein de la Sainte Eglise se généralisait au moyen des fausses conversions, et qu’à côté du Judaïsme officiel qui pratiquait sa religion publiquement, se formait un Judaïsme souterrain dont les membres étaient en apparence chrétiens. Et dans la note où cet auteur parle de la légende d’Elkanan, le Pape juif, il présente l’idéal suprême qu’ont eu de tous temps ces faux chrétiens, juifs en secret, consistant à vouloir s’emparer des hautes dignités de l’Eglise Catholique jusqu’à pouvoir placer un pape juif clandestin sur le trône de Saint Pierre, grâce auquel ils s’empareraient de l’Eglise et la détruiraient.
IV. Qu’il y a dans le marranisme, outre la conversion feinte et la pratique du Judaïsme en secret, une tradition enracinée qui oblige les juifs à transmettre cette croyance de père en fils.
L’auteur cite à ce propos ce qui arriva en Angleterre et en Ecosse à partir de 1290, où l’une des raisons invoquées pour expulser les juifs fut qu’ils incitaient les convertis à pratiquer le Judaïsme et aussi que beaucoup d’enfants convertis furent séquestrés et envoyés (par les juifs) dans le nord du pays pour y continuer à pratiquer leur ancienne religion, c’est à dire la juive. On doit noter qu’après 1290 le Judaïsme resta proscrit en Angleterre, et que personne ne pouvait s’installer dans le pays à moins d’être chrétien. L’illustre historien israélite fait une remarque très intéressante, en mentionnant l’affirmation d’un chroniqueur juif émettant l’idée que c’est à cela qu’est également dû le fait que les Anglais aient accepté si facilement la Réforme, et aussi leur prédilection pour les noms bibliques. Ce fut ainsi à la fausse conversion des juifs au Christianisme, qui constitua à l’intérieur de l’Eglise d’Angleterre cette cinquième colonne, que l’on doit la facilité de sa séparation d’avec Rome. Il est également évident que ces fausses conversions des juifs d’Angleterre, loin d’avoir permis à la Sainte Eglise d’espérer sauver des âmes, entraîna la perte de millions d’entre elles lorsque ces descendants de juifs convertis fomentèrent le schisme anglican.
Il y a également d’autres cas de fausses conversions de juifs au Christianisme, dont celle des néophytes du Sud de l’Italie dont Cecil Roth fait mention qui furent persécutés par l’Inquisition et dont beaucoup moururent à Rome sur le bûcher. Il importe de préciser le fait que l’Inquisition qui fonctionnait à Rome était évidemment la Sainte Inquisition pontificale, dont la méritante activité au Moyen-Age réussit à arrêter pendant trois siècles les progrès de la bête apocalyptique de l’Antéchrist.
V. Que le phénomène du crypto-judaïsme ne resta aucunement confiné au monde Chrétien, car l’on trouve aussi en divers lieux du monde musulman d’antiques communautés de crypto-juifs, comme le mentionne Cecil Roth qui énumère quelques exemples de ces communautés juives où les hébreux, tout en étant publiquement des musulmans, continuent d’être juifs en secret, ce qui fait dire que les juifs ont également infiltré leur cinquième colonne dans le sein de la religion islamique, et ce explique peut-être le fait des si nombreuses divisions et révoltes qui eurent lieu dans le monde de Mahomet.
VI. Que le pays classique du crypto-judaïsme est l’Espagne, où la tradition en a été si prolongée et si générale que l’on peut y soupçonner l’existence d’une prédisposition marranique propre au milieu ambiant. Nous pensons d’ailleurs que l’on peut en dire autant du Portugal et de l’Amérique Latine, où les organisations secrètes des marranes couvertes du masque d’un faux catholicisme ont créé comme en Espagne tant de troubles, en s’infiltrant dans le clergé et les organisations catholiques, en contrôlant les loges maçonniques et les partis communistes, en constituant le pouvoir occulte qui dirige la Maçonnerie et le Communisme, en structurant l’antipatriotisme, qui, comme dans les autres parties du monde, est dirigé par des juifs dont le Judaïsme est souterrain et caché sous le masque d’un faux Christianisme, qui portent des prénoms chrétiens et des noms espagnols et portugais,des noms que leurs ancêtres il ya quatre ou cinq siècles prirent de leurs patrons de baptème qui intervinrent dans leur conversion au Catholicisme, noms aussi ostentatoires que faux.
2) Cecil Roth : “Historia de los marranos” Editorial Israel, Buenos-Ayres, 1946, 5706 du calendrier juif, pp. 11 à 18.