En l’an 360, Julien, le fils ainé de Constance, fut proclamé Empereur de Rome par l’armée, et Constance ayant entrepris de le combattre mourut en chemin, ce qui facilita la victoire définitive de Julien qui fut proclamé Empereur d’Orient et d’Occident.
Julien eut en politique trois objectifs principaux :
1. restaurer le paganisme en faisant de nouveau de celui-ci la religion officielle de l’Empire, avec l’idée que Rome reprenne ainsi son antique splendeur, éclipsée selon lui par le Christianisme ;
2. détruire le Christianisme ;
3. rétablir le Judaïsme dans les positions dont Constantin et ses fils l’avaient délogé, en allant même jusqu’à ordonner la reconstruction du Temple de Salomon.
Dès le premier moment, les juifs furent ses alliés inconditionnels, ce qui démontre une fois de plus que, lorsque cela leur convient, ils sont capables de combattre en faveur du paganisme et de l’idolâtrie, bien que ce soit contre le monothéisme, dès lors qu’ils comptent ainsi obtenir la destruction de l’Eglise, et cela, bien qu’ils soient eux-mêmes monothéistes et ennemis de l’idolâtrie.
Les juifs, en s’unissant à Julien et en l’appuyant, donnaient donc leur aide au rétablissement du culte idolâtrique, qu’ils disent tellement abominer, mais pour arriver à leurs fins qui est de détruire le Christianisme ils ont prouvé être capables de tout, et même aujourd’hui d’utiliser les doctrines matérialistes et athées du Communisme moderne, bien qu’ils soient eux-mêmes profondément religieux et spiritualistes *).
Le célèbre historien juif Graetz, parlant de Julien, écrit :
“L’Empereur Julien fut l’un de ces caractères supérieurs qui inscrivent leur nom de manière indélébile dans la mémoire des hommes. Et ce fut seulement sa mort précoce et la haine de l’Eglise dominante qui lui valurent de ne pas acquérir le nom de Julien le Grand”.
Il ajoute que Julien éprouvait une grande admiration pour la religion juive et pour le peuple d’Israël, faisant remarquer que : “Le règne de Julien, qui dura à peine deux ans (de novembre 361 à juin 363) fut une période d’extrême félicité pour les juifs de l’Empire Romain”. Il fait aussi le constat que celui-ci appela expressément le patriarche Hillel, le chef suprême du Judaïsme dans l’Empire, “son vénérable ami”, promettant dans une lettre autographe de mettre fin aux mauvais traitements infligés aux juifs par les Empereurs chrétiens.
En outre, il entreprit tous les préparatifs nécéssaires à la reconstruction du Temple de Jérusalem, et il adressa à toutes les communautés juives de l’Empire une lettre rédigée en termes amicaux, dans laquelle il traitait de frère le patriarche Jules (Hillel), chef du Judaïsme dans l’Empire ; il promettait la suppression des lourdes taxes imposées par les chrétiens aux israélites ; il se proposait que personne dans l’avenir ne pût les accuser de blasphèmes, et projetait de leur donner des libertés et des garanties, et les assurait que lorsqu’il reviendrait victorieux de la guerre de Perse, il reconstruirait à son compte la ville de Jérusalem.
Pour la reconstruction du Temple de Jérusalem, Julien nomma à cette charge son meilleur ami, Alypius d’Antioche, à qui il donna pour instructions de n’être arrêté par aucun frais, ordonnant aux gouverneurs de Palestine et de Syrie d’aider Alypius en tout ce qui lui serait nécessaire.
Dans son désir de restaurer le paganisme, Julien prit aussi toutes sortes de mesures pour la reconstruction de ses temples ; il réorganisa le sacerdoce idolâtrique en créant pour lui une structure hiérarchique semblable à celle de l’Eglise ; il rétablit le culte païen avec toute sa pompe, et il réactiva les célébrations fastueuses de ses fêtes.
Labriolle et Koch exposent que Julien entreprit de redonner vigueur au paganisme à l’aide d’institutions de bienfaisance copiées sur le modèle chrétien, avec des hospices, des orphelinats pour les enfants, et des maisons pour les vieillards, des institutions caritatives et autres, essayant même d’adapter au paganisme des sortes d’ordres religieux similaires à ceux des moines chrétiens. Non seulement il s’agissait d’une restauration idolâtrique, mais de la création d’un paganisme réformé et renforcé de systèmes empruntés au Christianisme. La menace qui planait alors sur la Sainte Eglise ne pouvait être plus grave, avec l’Empereur, le paganisme et le Judaïsme étroitement unis pour lui faire une guerre à mort.
Bien que Julien, en principe, assurait défendre la tolérance réligieuse se souvenant des mauvais résultats qu’avaient donnés aux Empereurs romains les persécutions violentes, il employa toutes sortes de moyens pour obtenir la destruction du Christianisme, situation qui donna lieu à de nombreux martyres occasionnés par la fureur des infidèles, selon ce que nous rapporte Saint Grégoire de Naziance, qui qualifie le règne de Julien l’apostat comme “celui de la plus cruelle des persécutions”.
Parmi les mesures édictées par Julien contre le Catholicisme, ressortent tout particulièrement : la nouvelle expulsion de Saint Athanase, considéré comme le rempart de l’orthodoxie ; la suppression de tout symbole chrétien sur les monnaies ; le retrait au clergé des avantages qui lui avaient été concédés par les Empereurs catholiques ; l’élimination des chrétiens de tous les postes publics à l’exception de ceux qui renieraient, tout cela, en faisant semblant de prétendre qu’il s’agissait de mesures nécessaires pour assurer la liberté religieuse et l’égalité de toutes les croyances dans l’Etat Romain.
Ses alliés juifs trouvèrent un bon maître en Julien, lorsque, sous les mêmes prétextes, ils utilisèrent les mêmes moyens pour faire triompher à l’époque moderne leurs révolutions maçonnico-libérales, où, sous le prétexte d’instaurer la liberté des consciences, ils ont privé l’Eglise de tous ses droits.
Mais les véritables intentions de l’Empereur devenaient patentes lorsqu’il manifestait que les Galiléens (les disciples du Christ) devaient disparaître car ennemis de l’héllénisme, et lorsqu’il écrivait lui-même des livres combattant le Christianisme.
Le fait que la reconstruction du temple juif ait échoué, entre autres causes parce que jaillirent de terre des flammes mystérieuses qui brûlèrent les ouvriers qui y travaillaient, a tout d’un fait historique prouvé, car d’une part les historiens chrétiens le confirment, et de l’autre, des historiens juifs aussi prestigieux que Graetz l’admettent aussi, à ceci près qu’au lieu comme l’assurent les catholiques d’attribuer le fait à un miracle, ils lui donnent des causes naturelles, expliquant qu’il dut s’agir de poches de gaz sous pression qui se seraient formées dans les passages souterrains obstrués par l’effondrement du Temple, et qui, ayant été découverts, auraient au contact de l’air pris feu et provoqué ces incendies, qui, joints à d’autres motifs, amenèrent Alypius à suspendre les travaux.
Les martyres et les massacres de chrétiens à cette époque ne furent jamais seulement le fait des hordes païennes, mais aussi des juifs, qui, jouissant de la protection et de l’amitié de l’Empereur, se déchaînèrent, se lançant à la destruction des Eglises de Judée et des pays circumvoisins en essayant de faire le plus de dommages possibles aux chrétiens, comme le rapportent les historiens catholiques, nonobstant le fait que l’historien juif Graetz qualifie ces versions de malintentionnées. Par ce dont nous avons vu les juifs être capables de faire lorsqu’ils ont les mains libres, on ne doit pas s’étonner que, lorsqu’ils le purent comme au temps de Julien, ils se soient lancés à la destruction des édifices du culte catholique. Ils firent de même au Moyen-Age avec l’appui de certaines sectes hérétiques, et ils ont fait de même de nos jours sous le couvert du triomphe de leurs révolutions maçonniques et communistes. Beaucoup de ce qu’ils font actuellement n’est que la répétition de ce qu’ils apprirent à faire aux temps de Julien l’Apostat, dont le règne, s’il avait duré davantage, aurait été catastrophique pour l’Eglise.
Heureusement Julien trouva la mort avant d’avoir eu le temps de faire trop de mal à la Chrétienté, dans une bataille décisive contre les Perses au cours de laquelle une flèche le frappa mortellement. On a dit qu’avant de mourir il s’était exclamé, à l’adresse de Notre-Seigneur Jésus-Christ : “Tu as vaincu, Galiléen”. La mort de Julien l’Apostat libéra l’Eglise de la plus terrible menace d’extermination qu’elle ait eut à affronter depuis les dernières persécutions païennes.
En ce qui concerne les juifs, le commentaire suivant de l’historien Graetz parle de lui-même :
“La mort de Julien dans les environs du Tigre (en juin 363) priva les juifs de leur dernier rayon d’espoir en une vie pacifique et sans brimades”.
Et l’Encyclopédie Judaïque Castillane de son côté fait ce commentaire, au terme Julien :
” Et il manifesta une considération marquante pour les juifs. Il avait une ample connaissance des questions judaïques, et fit référence dans ses écrits à diverses institutions religieuses juives. Il semble qu’il ait essayé de fonder parmi les juifs de Palestine un ordre de Patriciens (appelé Aristoi dans le Talmud) qui devaient exercer des fonctions judiciaires. Et il considérait le Judaïsme supérieur au Christianisme, bien que cependant inférieur à la philosophie païenne. Avec sa mort, s’acheva la brève période de tolérance dont bénéficia la Communauté juive entre les persécutions chrétiennes qui commençaient”. 33)
*) NDT : Mais d’une “religion” et d’une “spiritualité” qui, selon Werner Sombart, juif lui-même, n’a rien à voir avec l’au-delà !
33) Oeuvres consultées pour ce chapitre : Graetz “History of the Jews” t II, chap. XXI ; Encyclopédie Judaïque Castillane, terme Julien ; W. Koch : série d’articles sous le titre “Comment l’Empereur Julien tâcha de fonder une Eglise païenne” dans la “Revue de Philosophie de l’Histoire“, 6eme année 1927, N° 1335, et 7eme année 1928, n° 485 ; Labriolle : “La réaction païenne” p. 1934 : Saint Grégoire de Naziance : “Oratio I en Julianum “.