Après la trahison des juifs qui facilita la chute de l’Empire chrétien des Wisigoths d’Espagne et sa conquête par les musulmans, commença ce que l’on nomme la guerre de Reconquête entamée par les chrétiens, qui sous les ordres du Wisigoth Pelayo s’étaient fortifiés dans les montagnes du nord de la Péninsule Ibérique. Cette guerre de libération allait durer presque huit siècles, et elle commença, comme c’était naturel, par de sanglantes représailles contre les juifs auxquels étaient reprochés la chute de l’Etat chrétien et les massacres de chrétiens survenues depuis cette catastrophe.
Ce sentiment anti-juif dura plusieurs siècles, jusqu’à ce que l’astuce et l’habileté des hébreux eut su profiter de toutes les opportunités qui se présentèrent pour le faire s’évanouir, en particulier en rendant d’appréciés services aux rois chrétiens de la Péninsule, notamment lorsque les juifs eurent besoin de transformer l’Espagne en un refuge pour les israélites qui fuyaient de toute l’Europe, d’abord persécutés par les monarchies chrétiennes, puis ensuite par la Sainte Inquisition Pontificale, lesquelles réagissaient violemment contre les entreprises de la Synagogue pour conquérir les Etats Catholiques et subvertir la Société Chrétienne.
De plus, depuis le Xème siècle, les juifs, qui pendant un certain temps avaient été les alliés des musulmans, trahissant leur amitié, commencèrent à semer la décomposition dans la société islamique, en esayant de la dominer au moyen de sociétés secrètes et d’hérésies, dont la principale fut la secte criminelle des Assassins, véritables précurseurs de la Maçonnerie moderne, et dont la puissance secrète s’étendit à travers l’Islam jusque dans l’Europe chrétienne, jusqu’à ce qu’elle fût ensuite annihilée, principalement par les envahisseurs mongols *). De toute manière, le monde musulman se trouvait au XIIème siècle dans un état de dangereuse décadence, attribuée en partie à l’action subversive multiple des juifs. Pour essayer de sauver l’Islam de la catastrophe, la dynastie des Almohades, qui succéda dans le nord de l’Afrique et en Espagne islamique à celle des Almoravides, entreprit une guerre à mort contre le Judaïsme, qui, comme de coutume, provoqua des milliers des conversions feintes à l’Islam et la fuite de nombreux autres juifs vers l’Espagne Chrétienne.
Les monarques chrétiens, occupés à expulser les Sarrasins de la Péninsule, oublièrent les anciennes trahisons des israélites pour utiliser leurs services à l’œuvre de reconquète comme prêteurs d’argent, collecteurs d’impôts et même comme espions, puisqu’alors, renversant les rôles, les juifs servaient de cinquième colonne au sein de l’Espagne islamique au bénéfice de l’Espagne chrétienne, en trahissant leurs anciens amis. Une fois de plus l’histoire se répéta, et les habitants juifs d’une monarchie musulmane se transformèrent alors en une très dangereuse cinquième colonne au bénéfice des ennemis extérieurs dudit Etat, les Royaumes chrétiens d’Ibérie, lesquels, sous l’influence des appréciables services que rendaient les juifs, en firent des membres de leurs gouvernements, même des Premiers Ministres et des Trésoriers Royaux, en violation de ce qui était ordonné par les Saints conciles de l’Eglise qui interdisaient l’accès des juifs à ces postes de gouvernement.
Les israélites en revinrent une fois de plus à utiliser leur tactique traditionnelle de se rendre maîtres de leurs ennemis à l’aide d’un bon comportement temporaire et par des services efficaces, pour acquérir ainsi de précieuses positions leur permettant de conquérir ensuite les Etats qui leur offraient protection. Ils ne ratèrent pas une opportunité pour entreprendre de dominer ces royaumes chrétiens déjà transformés pour eux en une nouvelle Palestine et qui s’étaient empressés de les accueillir. Les hébreux parvinrent en Castille au faîte de leur pouvoir, aux temps du Roi Pierre le Cruel, dont ils dominèrent le gouvernement pendant plusieurs années. La manière dont ils réussirent à conquérir temporairement ce royaume chrétien est du plus haut intérêt.
Pierre le Cruel hérita du trône en l’année 1350, alors qu’il n’était encore qu’un jeune adolescent de quinze ans, et il tomba rapidement sous l’influence du dirigeant juif détaché auprès de lui, Samuel Ha-Levi Abufalia, qui, en fomentant les passions du jeune prince et en le flattant, réussit à éliminer le tuteur de celui-ci, Juan Alfonso, seigneur d’Albuquerque, et neutralisa aussi l’influence bénéfique de la Reine Mère. Il fut d’abord nommé Trésorier Royal et ensuite, de fait Premier Ministre du royaume 188), grâce à quoi ce juif acquit un pouvoir politique que nul autre israélite de son époque n’avait pu acquérir dans un royaume chrétien. L’influence des conseillers juifs du monarque s’accrut alors à un point tel, que beaucoup la considérait comme dangereuse pour les chrétiens.
Dès les premières années, les abus que commit le jeune roi poussé par ses mauvais conseillers provoquèrent une rébellion générale, et il se forma une ligue constituée par la Reine Mère, les demi-frères (bâtards) du monarque, sa tante Léonore reine d’Aragon, et beaucoup d’autres puissants nobles, ligue qui avait pour objet de libérér l’adolescent de ses conseillers juifs et de toute la bande de gens fâcheux qui l’entouraient, parmi lesquels figuraient les parents de sa maîtresse Maria de Padilla pour laquelle il avait abandonné son épouse la jeune Blanche de Bourbon, sœur de la Reine de France.
Sa cause (de Pierre) ayant été ainsi abandonnée par la quasi-totalité de la noblesse du royaume, celui-ci accepta de se mettre sous la tutelle de sa mère, qui accueillit le jeune roi en la cité de Toro, accompagné entre autres par Samuel Ha-Levi, “son très grand intime et son conseiller” selon ce qu’en rapporte le chroniqueur de l’époque Pedro Lopez de Ayala dans sa chronique.189) Une fois là, lors de l’affectueuse réception que lui firent sa mère et sa tante, ceux de sa suite furent arrêtés et emprisonnés, avec parmi ceux-ci le juif Samuel Ha-Levi. Mais la mort de Don Juan d’Albuquerque, qui selon certains aurait été empoisonné, 190) constitua un coup sévère pour la ligue en question, car ce haut personnage était le trait d’union entre des personnes et des forces très disparates.
Nous résumons ensuite ce que Prosper Mérimée, le célèbre historien français du siècle passé, narre à propos de la manière dont Samuel Ha-Levi sut profiter de la situation nouvelle pour ourdir une habile intrigue, dans le but de défaire la ligue, en offrant aux Infants d’Aragon de la part du jeune roi des châteaux et de riches domaines en échange de le laisser fuir, et en offrant villas et seigneuries à de nombreux grands, jusqu’au moment où l’astucieux conseiller juif réussit à briser la coalition et à fuir avec le jeune monarque en profitant d’une sortie de chasse. 191)
L’historien également du siècle passé Amador de los Rios écrit à propos de cette même manœuvre : “Grâce alors à la discrétion et à l’action de Don Samuel, le fils d’Alphonse XI obtenait sa liberté de ceux qui avaient cherché à le déposer, sa mère et ses frères, grâce à l’or qu’il avait su distribuer et aux promesses faites au nom du roi. Il avait introduit la méfiance et la discorde dans le camp de la ligue, ruinant totalement le plan des bâtards, et s’en alla bientôt entouré de puissants serviteurs qui lui promettaient une durable fidélité. Don Samuel avait conquis la totale confiance de don Pedro”. 192)
Avec l’élévation du ministre israélite, les juifs continuèrent d’acquérir de jour en jour une influence majeure dans le royaume. Sur ce qu’il advint à ce sujet, l’illustre hstorien juif Bedarride nous le dit clairement, lorsqu’il affirme que les juifs en Castille sous le règne de Pierre le Cruel “arrivèrent au faite du pouvoir” 193). Mais maheureusement l’histoire nous montre que toujours lorsque les israélites arrivent “au faîte du pouvoir” dans un Etat chrétien ou gentil (non-juif) il se déclenche une épouvantable vague d’assassinats et de terreur qui fait couler des torrents de sang chrétien et gentil.
C’est exactement ce qui arriva sous le règne de Pierre le Cruel, à partir du moment où les juifs exercèrent sur son éducation et son gouvernement une influence décisive. Cet enfant intelligent, qui s’avéra malgré sa jeunesse doué de vastes vues, de grandes espérances et d’une énergie à toute épreuve, aurait pu être l’un des plus grands monarques de la Chrétienté s’il n’avait été corrompu dans son adolescence par le mauvais exemple et par les pires conseils de ses conseillers particuliers juifs, à qui le peuple attribuait la responsabilité de la vague de crimes et de violations du droit déclenchée sous ce gouvernement sanguinaire, dans lequel les juifs furent promus et les Synagogues fleurirent, pendant que les églises tombaient en ruines et que le clergé et les chrétiens souffraient d’ignominieuses persécutions.
Sur l’influence décisive des juifs sur le jeune monarque et leur sinistre influence, sur les cruautés qui furent commises en ce règne tourmenté, il existe beaucoup de chroniques contemporaines des faits ou juste postérieures.
Un contemporain, le Français Cuvelier, affirme que “Enrique, demi-frère du roi fut prié et requis par les Barons d’Espagne d’aller exposer à son frère le Roi, qu’il faisait beaucoup de mal en se faisant conseiller par les juifs et en éloignant les chrétiens”. “Enrique alla donc au Palais où était le Roi son frère, lequel parlait en Conseil avec plusieurs juifs, parmi lesquels ne se trouvait aucun chrétien”. “Don Enrique adressa à Don Pedro la supplique de se séparer du conseil des juifs”. Ce chroniqueur ajoute qu’il y avait là un juif du nom de Jacob, très lié visiblement à Don Pedro. 194)
Un autre illustre chroniqueur français, Paul Hay seigneur de Chartelet, à propos du même épisode, ajoute à propos du conseiller en question du roi Pedro, que Enrique de Trastamara ne put dominer sa colère “en trouvant un juif du nom de Jacob qui jouissait de toute la confiance et de la familiarité de don Pedro et à qui l’on attribuait d’être l’inspirateur de toutes les actes de cruauté”. 195)
Ont aussi témoigné des crimes effrayants commis durant le règne sanglant de Pierre le Cruel : “La Prima Vita d’Urbani V”, le chroniqueur italien également contemporain Matteo Villani, le chroniqueur musulman également contemporain des faits Abou-Zeid-Ibd-Kahldoun, qui affirme entre autres de Pedro qu’”il opprima avec cruauté la nation chrétienne et par sa tyrannie se rendit si odieux aux yeux de ses sujets qu’ils s’insurgèrent contre lui” ; de même encore, la Chronique du roi Pierre d’Aragon,également contemporaine, qui décrit de manière effrayante les agissements criminels de ce règne, et la célèbre Chronique Mémorable du Français Jean Froissard, qui mentionne, outre la cruauté et la tyrannie qui caractérisèrent ce gouvernement, le fait de grande importance qu’était l’hostilité de Pierre le Cruel envers la Sainte Eglise et la Papauté.196)
Les Annales et Chroniques de France, écrites par Nicolas Gilles à la fin du XVème siècle appellent Pierre “grand tyran” et “apostat de la Religion de Jésus-Christ”, attribuant sa triste fin à un châtiment du Ciel. 197).
Pedro Fernandez Nino, collaborateur fidèle de don Pedro et qui le servit avec loyauté jusqu’à sa mort, dit que beaucoup de sang d’innocents fut répandu, affirmant aussi que le monarque “avait pour familier un juif qu’ils appelaient Samuel Levi, qui lui enseignait à rejeter les Grands et à leur faire peu d’honneurs… Il s’éloigna de beaucoup, leur tendit le couperet et en extermina beaucoup dans son royaume, raison pour laquelle la majorité de ses sujets le détestèrent”. Dans cette chronique on signale aussi l’amour qu’avait le jeune roi pour l’astrologie 198), un fait de grande importance politique, car les astrologues de Pedro étaient juifs avec notamment parmi eux un certain Abraham-Aben-Zarzal, et ils influaient par là sur ses actes politiques, car avant de prendre toute mesure importante, il consultait toujours l’un de ses astrologues pour qu’il lui indique si elle serait couronnée de succès ou pas.
A cet égard, un fait intéressant est que Don Pedro, à la veille de son désastre, reprocha au susdit Abraham de lui avoir prophétisé comme ses autres astrologues qu’il aurait à conquérir les territoires musulmans jusqu’à prendre Jérusalem, alors que les choses allaient si mal qu’on voyait bien qu’ils l’avaient trompé. 199)
Il est compréhensible qu’à cette époque où les musulmans luttaient héroïquement contre la menace juive, les juifs étant les maîtres de la Castille aient cherché à inciter Pedro à envahir et à conquérir le nord de l’Afrique jusqu’à Jérusalem, pour faire détruire par autrui leurs ennemis islamiques, allant peut-être jusqu’à entretenir leur rêve doré de libérér la Palestine. Ce dernier plan, qui s’effondra avec la déroute de Pedro, ils le réussirent des siècles plus tard, lorsqu’ils purent conquérir l’Angleterre et utiliser celle-ci pour qu’elle libère la Palestine de la domination musulmane.
Par l’astrologie, les Israélites purent ainsi dominer la politique de nombreux rois, à l’époque où cette superstition était en vogue.
L’illustre historien et Evêque Rodrigo Sanchez, mort en 1471, compara Pedro de Castille à Hérode 200). Paul Hay, second chroniqueur de Bertrand Du Guesclin, le compara à Sardanapale, à Néron et à Domitien. 201). L’historien français Paul Duchêne, parlant du retour de Pedro en Castille lorsqu’il fut rétabli sur le trône par les troupes anglaises, dit de lui : “Don Pedro entra en Castille comme un loup ensanglanté et carnassier dans un troupeau de moutons”. La terreur le précédait, la mort l’accompagnait, “des ruisseaux de sang le suivaient”. 202)
Le Père jésuite Juan de Mariana dans son Histoire Générale d’Espagne affirme à propos du funeste règne de Pierre le Cruel : “Ainsi, les campagnes et les villes, les bourgs et les châteaux, les rivières et la mer, tout était maculé et rempli du sang des innocents, et où que l’on allât, on trouvait des marques de férocité et de cruauté. Que fut grande la terreur des gens du royaume, il n’est pas besoin de le dire; tous craignaient qu’il leur en arrive autant,
chacun doutait de sa propre vie et personne ne l’avait assurée”. 203)
Il est curieux de noter que cette description écrite voici presque quatre cents ans paraît dépeindre avec une effrayante exactitude la situation de terreur qui prévalut en Union Soviétique et dans les autres pays livrés à la dictature du Communisme. Mais il existe une autre importante coïncidence : lors du règne de Pierre-le-Cruel, les juifs “parvinrent au faîte du pouvoir”, comme nous le dit le célèbre historien juif Bédarride, précisément tout comme en Union Soviétique et dans les autres Etats Socialistes où les juifs sont aussi “arrivés au faîte du pouvoir”. Curieuse et tragique similitude entre deux situations distantes dans le temps d’au moins six siècles.
Comme il arrive aussi dans tout Etat où les juifs parviennent “au faîte du pouvoir”, dans la Castille du temps de Pierre, l’Eglise fut persécutée, alors que les israélites étaient portés au pinacle. Ceci entraîna d’abord les énergiques protestations du clergé castillan, consignées dans d’intéressants documents, dont l’un d’une plume autorisée datant encore de la vie du monarque, dans lequel le Chapitre de l’Eglise de Cordoue appela Pierre “tyran hérétique”. 204)
La rupture entre le Saint Siège et ce protecteur des juifs se produisit lorsque le Pape excommunia Don Pedro, le déclarant en plein Consistoire “indigne de la Couronne de Castille”, déliant les Castillans et ses autres sujets de leur serment de fidélité, et donnant l’investiture de son royaume à Henri comte de Trastamare, ou au premier prince qui pourrait s’en emparer. 205). Cela facilita la formation d’une coalition entre les royaumes de France, d’Aragon et de Navarre, qui organisèrent sous les auspices du Pape une sorte de croisade pour libérer le Royaume de Castille de l’oppression dont il souffrait.
Pendant que les chrétiens, prêtres et séculiers étaient assassinés, emprisonnés et opprimés de toutes les manières, le Judaïsme s’élevait, comme cela ne s’était probablement jamais produit depuis le début de l’Espagne chrétienne. A cette époque, la cité de Tolède était devenue pratiquement la capitale du Judaïsme international, comme le seront ensuite et successivement Constantinople, Amsterdam, Londres et New-York. Le puissant Ministre Samuel-Ha-Levi organisa dans cette ville un Synode et Congrès hébraïque universel, auquel se rendirent des délégations des communautés juives résidant dans les pays les plus lointains de la terre, à la fois pour élire un chef mondial du Judaïsme et pour admirer la nouvelle Synagogue qu’en violation des Canons de l’Eglise Don Pedro avait permis à Samuel d’y faire construire. Sur la célébration de cette grande Assemblée, il reste une preuve dans ladite Synagogue, plus tard convertie en l’église de l’Agonie, sous forme de deux inscriptions qui constituent un véritable monument historique. Le texte de ces inscriptions nous apprend que le chef alors élu fut précisément Samuel-Ha-Levi, qui, semble-t-il, prit le nom d’El Baruch à cette époque, ce qui n’empêcha pas que, des années plus tard, un groupe influent de juifs mais ses ennemis l’accuseront d’avoir volé le trésor royal, précipitant sa chute et sa mort. Ces juifs, jaloux de l’immense pouvoir dont jouissait Samuel, l’accusèrent d’avoir volé Don Pedro vingt ans durant, et poussèrent le roi à le faire supplicier pour qu’il révélât où étaient trois immenses tas d’or dérobés par ce Ministre, mais comme Samuel mourait sous la torture sans rien révéler, le chroniqueur poursuit en disant : “Et le Roi regretta beaucoup (sa mort) quand il l’apprit, et que, conseillé par ces juifs, il ordonna de lui reprendre ce qu’il possédait. Et l’on fit sonder alors les maisons que Samuel possédait à Tolède, et l’on trouva un caveau souterrain, d’où l’on retira trois tas d’or et de monnaies, de barres et de plaques d’or et d’argent, chacun si haut qu’on ne pouvait apercevoir un homme placé derrière. Et le roi vint les voir, et déclara ainsi : si Don Samuel m’avait donné le tiers du plus petit des tas qui se trouvent ici, je ne l’aurais pas fait supplicier… “Mais il préféra mourir plutrôt que de me le dire”. 206).
Ce fait, que les trésoriers et ministres des finances juifs volaient, n’avait rien de nouveau ; beaucoup avaient été destitués pour ce motif, mais l’incident nous révèle cependant que parmi ces mêmes juifs, malgré leur fraternité, naissent des jalousies et des discordes terribles qui se terminent tragiquement, comme l’incident que nous venons d’évoquer. Finalement, l’influence des juifs dans le gouvernement de Don Pedro se poursuivit tout comme avant. Il n’y eut qu’un changement de personnes.
Parmi les accusations qui furent lancées pour renverser le roi Pierre, il y eut que, non seulement il avait donné le gouvernement du royaume aux juifs, mais qu’il en était un lui-même, ceci dû au fait que le roi Alphone XI n’ayant pas de descendance mâle, il en avait été si ulcéré qu’il avait menacé plusieurs fois la reine au cas où le prochain accouchement donnerait une fille, et que, ceci étant survenu, la reine pour échapper à la menace avait accepté que sa fille fût échangée pour un garçon, ce qu’avait organisé son médecin juif qui subtilisa le nouveau-né d’une juive, qui aurait été ainsi élevé comme l’héritier du trône, le roi Alphonse XI restant dans l’ignorance que c’était un israélite qu’on lui faisait prendre pour son fils. Ils disaient en outre que Pierre, ayant su par la suite son origine juive s’était fait circoncire en secret, et que c’est pour cela qu’il avait confié tout le gouvernement du royaume aux israélites. Cependant le célèbre chroniqueur et écrivain Pedro Lopez de Ayala, qui n’est en rien favorable au roi Pierre, sans mentionner de manière formelle cette accusation, la nie tacitement lorsqu’il appelle Don Pedro le fils légitime d’Alphonse XI.
Le même sentiment est exprimé par les autres historiens et chroniqueurs qui se sont inspirés de Pedro Lopez de Ayala.
Bien que nous nous joignions aux justes éloges qui ont été faits de ce chroniqueur si célèbre, il faut néanmoins tenir compte à propos de cette question que sa Chronique du Roi Don Pedro fut écrite alors même que Dona Catalina de Lancastre, qui descendait de ce roi, venait d’épouser Enrique III, neveu de Trastamara 207),un mariage politique destiné à unir ces deux branches rivales et à mettre fin aux discordes. Il est donc naturel qu’ayant écrit sa chronique à une époque où l’intérêt de la monarchie castillane était d’effacer la tache de la possible ascendance juive, Pedro Lopez de Ayala se soit vu obligé de cacher tout ce que l’on rapportait sur cette question et qui pouvait blesser l’honneur de la reine Catherine.
D’un côté, l’histoire a montré que les juifs, dans leurs ambitions de domination mondiale, sont très capables pour s’emparer d’un royaume d’une telle chose que de substituer un enfant, une fille par un Infant mâle, ou de réaliser toute autre supercherie que l’opportunité leur suggérerait ; mais dans le cas que nous étudions, nous semble néanmoins possible ce qu’ont affirmé les défenseurs de Pierre le Cruel maçons ou libéraux, qui furent de l’opinion que l’accusation de la substitution des infants ne fut qu’une pure fable ourdie et répandue par Enrique de Trastamara pour justifier son ascension au trône, fable qui finit certainement par être crue en Castille et en dehors de la Castille et par être consignée dans les chroniques de l’époque.
Mais tout aussi bien, il ne serait pas impossible non plus, s’il s’est agi réellement d’une fable, qu’elle ait été inventée par les mêmes juifs qui entouraient et influençaient le monarque adolescent, pour l’incliner au Judaïsme et l’y initier et pouvoir ainsi le dominer complètement.
A l’appui de cette possibilité, il y a cette tendance constante des juifs à faire la conquête des grands dirigeants politiques chrétiens ou gentils en leur faisant croire qu’ils descendent d’israélites. A François Ier de France, ils essayèrent de le lui démontrer, mais celui-ci se rit d’eux ; à l’Empereur Charles V, ils firent de même, mais il s’en indigna à un tel point qu’il fit condamner au bûcher le juif qui avait essayé de cette manière de l’attirer à la Synagogue ; à Charles II d’Angleterre, ils allèrent jusqu’à falsifier astucieusement son arbre généalogique, et il crut assez à la fable pour accorder aux juifs certaines concessions. Même à l’Empereur du Japon, ils arrivèrent à présenter le mensonge qu’il descendait des dix tribus perdues dans l’intention de l’attirer au Judaïsme et par ce moyen de dominer l’Empire du Soleil Levant, mais par chance, le Mikado les prit pour des fous. *)
Il n’est donc pas impossible qu’ils aient usé du même procédé avec Pierre, et que la connaissance en ayant filtré dans le camp adverse, elle ait alors été reprise par celui de Trastamara comme une arme contre lui. Quoi qu’il en ait été, il est évident que Pierre-le-Cruel, par ses assassinats de clercs, sa persécution de l’Eglise et son élévation des juifs, œuvrait davantage comme un israélite que comme un chrétien, d’où le crédit qui fut donné à l’histoire de l’échange d’enfants.
Parmi les chroniques qui affirment l’ascendance juive de Pierre de Castille, nous pouvons mentionner celle de même époque du roi Pierre IV d’Aragon ; celle également contemporaine des faits du Père Carme Juan de Venette; la Chronique Anonyme des quatre premiers Valois ; la Chronique de Cuvelier, également de la même époque, et d’autres encore ; et il est curieux de noter qu’un siècle plus tard, certains documents relatifs à la biographie de l’illustre rabbin de Burgos, Salomon-Ha-Levi, qui en se faisant baptiser prit le nom de Paul de Sainte Marie devint ensuite prêtre, puis finit comme Archevêque de la même ville où il avait été rabbin, ces documents mentionnent que ce prélat aurait été le fils de l’infante substituée par le bébé juif qui plus tard devint Pierre de Castille. L’infante en question se serait mariée avec l’israélite qui fut le père dudit Archevêque. Parmi les documents qui mentionnent ce fait comme étant une rumeur très répandue, nous pouvons citer : “Le Livre des Blasons” d’Alonso Garcia de Torres (MSS, fol. 1306 appelé Cartagène) et le “Recueil d’honneur et de gloire mondaine” (“Recopilacion de Honra y Gloria mundana” du Capitaine François de Guzman (MSS fol. 2046, Compendium fol. 28 et 29) 208). En revanche, le Frère Cristobal de Santoliz publiant en 1501 la première édition de sa “Vie de don Pablo de Santa Maria” donnait pour certain que l’illustre rabbin devenu Archevêque était bien le fils de la princesse substituée par l’enfant juif qui devint roi de Castille. 209)
Toujours à propos de la part des juifs dans le gouvernement du roi Pierre, outre l’aveu que nous citons par ailleurs de la Jewish Encyclopœdia et ceux de distingués historiens israélites, la chronique de cette époque écrite en vers par Cuvelier dit de Don Pedro : “il avait la très méchante habitude que sur toutes choses, quelles qu’elles fussent, il se faisait conseiller par les juifs qui habitaient sur son territoire, et il leur découvrait tous ses secrets, et en revanche, aucun à ses amis et parents par le sang, ni à aucun autre chrétien. Il était alors inévitable que l’homme qui se servait de tels conseils en toute connaissance devait en avoir mauvaise conscience”. 210)
Un autre chroniqueur contemporain de Pierre de Castille, qui assure que ledit roi et son royaume étaient gouvernés par les juifs, est le second continuateur de la Chronique Latine de Guillaume de Nangis, qui affirme que : “l’on reprochait audit monarque d’être, lui comme toute sa Maison, dirigés par les juifs qui étaient très nombreux en Espagne, et que tout le royaume était gouverné par eux”. 211)
Le deuxième chroniqueur de Bertrand Du Guesclin, Paul Hay, affirme sur le même sujet que les mauvais conseillers de Don Pedro créèrent des problèmes dans toute la Castille, la remplissant de meurtres, semant le mécontentement et la désolation. Qu’ils inspirèrent au monarque une animadversion générale pour les personnes les plus distinguées de son royaume, brisant cette affection mutuelle qui lie les bons rois avec leurs sujets et les peuples avec leurs princes. Que Don Pedro dépouilla les églises de leurs biens pour enrichir les ministres par ses abominations, renonçant secrètement à son baptême, selon ce qui se disait, pour être circoncis, et qu’il exerça mille cruautés qui remplirent l’Espagne de sang et de larmes, réunissant en sa personnes les vices des Sardanapale, Néron et Domitien, son esprit étant totalement captif de ses favoris, surtout des juifs. 212).
*) NDT : Et par une série de règlements de compte et d’assassinats internes, selon N. Webster dans “Secret Societies and Subversive Movements ” citant Joseph von Hammer “The History of the Assassins” (1835). Il nous faut espérer que le complot des hautes sectes mondialistes finisse de cette manière, les têtes des sectes et des hautes loges se liquidant entre elles.
188) Guttierez Diez di Gamez : “Cronica de Pedro Nino Conde de Buelna“. Cette chronique fut écrite en 1495. Les faits cités proviennent de l’Edition Madrid, de 1782 “Cronica del Rey Don Pedro” de Pedro Lopez de Ayala, Années I, II, III, IV et suivantes : cette chronique fut rédigée par son auteur dans la seconde moitié du X IVème siècle. J. Amador de los Rios : “Historia de los Judios de Espana y Portugal “, Madrid 1876, t. II, pp 220 et suivantes.
189) Pedro Lopez de Ayala : “Cronica del Rey don Pedro” Année V. chap XXXIV et XXXV.
190) D’autres auteurs nient la véracité de cette version.
191) Prosper Mérimée :” Histoire de Don Pedre“, Paris,1848, pp. 182-3.
192) J. Amador de los Rios, Op. cit., t. II, chap IV,pp. 223-4.
193) Bedarride : “Les juifs en France, en Italie et en Espagne” Michel Lévy Frères editeurs, Paris, 1861, 12 e éd., p.268.
194) Cuvelier : “Histoire de Messire Bertrand Du Gesclin ” manuscrit en vers par le chroniqueur, transcrite en prose par Estontevlle en 1387. D’après la traduction espagnole de Berenguer, Madrid,1882, pp. 108 à 110.
195) Paul Hay, seigneur de Chartelet : “Histoire de Messire Bertrand Du Guesclin ” Paris, 1666, Livre III, chap VI, pp. 92-94.
196) “Prima vita de Urbani V” Edit. Basqueti, in col. Cum vetustis codicilius, publiée par Baluzius dans sa “Vitae Paparum Avenionensium” Paris, 1693, pp. 375 à 76 ; Historia de Matteo Villani, ed. Florencia, 1581, Livre I, chap LXI, pp. 30-31; Abou-Zeid-Abd-er Raman Ibn-Khaldoun : “Histoire des Berbères” traduc. française du baron de Slane, Argel, 1586, t. IV, pp. 379-380 ; Jean Froissard : “Histoire et Chronique mémorable“, Paris 1574, Vol. I, clap CCXXX p. 269 et chap CCXLV, p. 311.
197) Nicole Gilles : “Les Annales et chroniques de France” Paris, 1666, p.93.
198) Guttiere Diez de Gamez: Cronica Manuscrita, ed cit. pp. 14-21.
199) Résumé des Rois d’Espagne, chap. XC ;
200) Ferrer del Rio “Examen historico critico del reinado de don Pedro de Castilla“. Oeuvre primée à l’unanimité par l’Académie Royale Espagnole, Madrid, 1851, pp. 208-211.
201) Paul Hay, seigneur de Chartelet, chronique cit., edit.cit.p. 93.
202) Duchesne, précepteur de leurs Altesses royales les Infants d’Espagne : “Compendium de l’histoire d’Espagne“, traduction espagnole du P. José Francisco de la Isla, Madrid, 1827, p. 172.
203) P. Juan de Mariana S.J., Op. cit., Livre XVII, chap. V, p. 59 du t. II.
204) Académie Espagnole d’Histoire. Privilèges de ladite Eglise. G. 18.
205) Paul Hay, chronique cit., IIIeme livre, chap VI, p.94.
206) “Continuacion de la Cronica de Espana” de l’Archevêque Jimenez de Rada, publiée dans le tome 106 de la “Coleccion de Documentos Ineditos para la Historia de Espana ” Collection des Documents inédits pour l’Histoire d’Espagne, pp. 92 et 93
207) Pero Lopez de Ayala, au chapitre XIII de l’an cinq de sa “Chronique du Roi don Pedro”, dit de dona Catalina “qu’elle est la future femme du roi de Castille”.
*) NDT : On sait que le marquis de La Franquerie s’y laissa prendre, cf son ouvrage “L’ascendance davidique des rois de France” !!!
208) Nous devons les références de ces précieux manuscripts à la diligence du célèbre historien Amador de los Rios, Op. cit., t.II, chap. IV.
209) Sitges : “Les femmes du roi don Pedro ” Madrid,1910, pp. 178-9.
210) Cuvelier, Chronique manuscrite en vers citée, réécrite en prose par d’Estonteville, p. 107.
211) “Continuatio Chronici Guillemi de Nangis“, publiée dans le “Specilegium sive Aliquoat Scriptorum qui in Galliae Bibliothecis delituerant “, Paris, MDCCXXIII, t. III, p. 119.
212) Paul Hay, seigneur de Chartelet, chronique cit., ed.cit.p. 93.