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Archive for the ‘Le livre du Kahal’ Category

De l’institution de la circoncision, des banquets et des instructions délivrées par le Kahal aux particuliers juifs pour les préparatifs du festin, à l’occasion de cette fête de famille et des hôtes qui y sont conviés.

A la naissance d’un enfant le premier soin de la famille est de garantir l’accouchée et le nouveau-né des atteintes du diable, qui plane invisiblement autour d’eux et cherche à en prendre possession. Le moyen le plus efficace pour se défendre de cet ennemi dangereux est Chir Hamalot. Ce puissant talisman consiste dans le 121e psaume écrit sur du papier, et entouré de tous côtés des noms 5ecrets des habitants célestes qu’apprennent aux Juifs le Talmoud et la Kabala. Ce talisman est attaché au lit, aux portes, aux fenêtres et à toutes les ouvertures qui pourraient donner accès à l’esprit impur auprès des victimes.

Le soir du jour de la venue au monde d’un enfant mâle, cet enfant est complimenté par les compagnons futurs de son existence. Un pensionnant entier (heder) lui rend visite. Ce sont des petits enfants avec leur beguelfor (aide du melamêde) qui récitent au nouveau-né la prière d’usage avant de se coucher. Après la prière, les enfants sont régalés d’un certain plat particulier qui consiste en une marmelade de fèves et des pois cuits, de pains d’épice etc. Cette prière continue à être récitée par les enfants chaque jour jusqu’au jour de la circoncision. Le premier vendredi qui suit la naissance du nouveau-né après la cène du Chahas se réunissent chez l’accouchée des hommes mûrs pour le ben-sahor, et après une légère collation ils récitent la même prière. Le matin suivant, le samedi, le père du nouveau-né se rend à la synagogue ou dans la maison de prières, où il est invité à la lecture des cinq livres et le chantre entonne michebeirah (les souhaits de longue-vie) à lui, à sa femme et au nouveau-né etc. Après la prière, les parents de l’accouchée et ses invités se rendent chez elle pour le chalom-zahor, félicitations pour un garçon, où on leur sert du vin et des pains d’épice et chez les gens riches des tourtes et des confitures. La veille du jour de la circoncision, c.-à-d. le 8eme jour après la naissance, arrive la wachnacht, nuit de veillée. Pour cela les claousner, juifs pauvres qui se sont voués à l’étude du Talmoud, qui habitent les maisons de prières passent la nuit auprès de l’accouchée en lisant le Talmoud et la Michna. En rémunération de leur peine ces claousners reçoivent outre le soubé la nedowa c.-à-d. l’aumône. Il faut remarquer, que cette veillée se fait seulement dans les familles aisées, les pauvres s’en passent.

Enfin, luit le jour pendant lequel on applique au nouveau-né le sceau légué aux enfants du peuple élu – la circoncision. Le 8eme jour la sage-femme, les proches parentes et celles de la famille prennent soin de bien laver l’enfant et de l’emmailloter. Le bain sert d’occasion pour mettre de la monnaie qui forme le salaire de la sage-femme.

Vers la fin de la prière dans la synagogue, vers les dix heures de matin, se rendent à la demeure de l’accouchée le sandouk1, le moguétim (circonciseur) le kvater (parrain) la kvaterine (la marraine), avec le chantre, les parents et tous les invités.

La nombre des personnes ayant atteint l’âge mûr qui doivent assister à la cérémonie ne peut être au dessous de 10 (minion). Lorsque tout est prêt pour la cérémonie, la marraine soulève l’enfant et attend ainsi l’appel fait à haute-voix par le chameche « kvater » après quoi elle remet le nouveau-né au parrain, ce qui est accompagné des félicitations des assistants faites à haute voix « barouh-hoba » (soit bénie ta venue). Le parrain à son tour le présente au moguel, qui le reçoit en récitant :

«et le Seigneur dit à notre ancêtre Abraham, marche devant moi et sois juste»

après quoi il s’approche du kissé chel Eliogue (trône du prophète Elie) sur lequel Elie invisible assiste à la circoncision et lui place l’enfant sur ses genoux en disant :

« Ce trône d’Elie qui nous fait souvenir du bien»

En ce moment l’enfant est entouré de tous les mohilems, prêts pour l’opération, l’un avec un couteau affilé des deux côtés, l’autre avec ses ongles pointues et le troisième avec sa bouche.Le premier des mohilems fait cette prière préliminaire:

« Gloire à toi Jehowah notre Dieu roi de l’Univers qui nous a sacrés en nous commandant de pratiquer la circoncision»

et détachant en un instant le prépuce, il cède sa place à l’autre opérateur-perei. Celui-ci saisit la place coupée et détache la pellicule du bas de la verge, de ses ongles pointues, et cède sa place au troisième opérateur metzitzou, qui suce de sa bouche le sang de la plaie. Pendant tout ce temps le père fait la prière suivante :

« Gloire à toi, Seigneur notre Dieu, roi de l’Univers qui nous a sanctifié par la loi qui nous ordonne de nous joindre à l’union de notre ancêtre Abraham ».

Si l’enfant est d’une constitution robuste, et a supporté cette torture en poussant des cris déchirants, on lui saupoudre la place d’une poudre de bois, et l’on soulève l’enfant sur un coussin dans les bras. L’un des assistants fait la prière au dessus d’une coupe remplie de vin en répétant deux fois le texte suivant du prophète Ezèchiel

« Et je te dis que tu vivras de ton sang»

et laisse tomber dans la bouche de l’enfant trois gouttes de vin. Tout ce drame est couvert par le chantre qui assourdit en souhaitant longue vie à l’enfant, à ses parents et à tous les assistants etc. Si l’opération pratiquée a réussi, c.-à-d. si le premier naguel n’a pas fait l’incision trop profonde, si le second n’a pas fait une déchirure trop grande avec ses ongles par trop de zèle et si le troisième, qui suce le sang de la plaie, n’est pas affecté de maladies scorbutiques et d’autres, alors l’indisposition du patient passe bientôt; le nouveau-né appartient à la religion juive pour tout le temps de son existence, et en signe de réjouissance d’un tel évènement les parents donnent un festin, d’après les règlements du Kahal pour ces sortes de festins selon l’exemple cité dans les documents produits dans cet ouvrage sous les N°N° 69, 107, 128, 130, 131, 158 et 257.

Si le Kahal était privé du droit de percevoir les taxes imposées pour le Kachère, dont nous avons parlé dans notre 11e article, il n’aurait pas le moyen de faire sentir à chaque Juif jusque dans ses fêtes de famille – son autorité puissante et terrible. En prélevant ces taxes chaque Juif insoumis se trouve exposé pendant une fête de famille à être la victime de la vengeance sinistre du Kahal2. Le Kahal accompagné de la police viendra faire la visite des pots contenant les mets préparés pour le festin, et qui d’entre les Juifs possède les moyens nécessaires pour prouver à la police que ces mets ont été préparés avec de la viande kachère lorsque la fermier de ces taxes avec son contrat, passé avec les autorités en main, affirme que pour la préparation du soupé ou dîner à l’occasion de la circoncision il a été employé de la viande d’un boeuf abattu avec un couteau, qui contrairement aux institutions du talmoud n·a pas été poli?3
Par quels moyens évitera-t’il les coups qui peuvent atteindre sa famille, le jour de la célébration d’une solennité semblable – et enfin, qui est celui qui entreprendrait de délivrer le chef de la famille des mains de la police, qui exige de lui le paiement des amendes fixées par la loi pour contravention au kachere.

1. Voyez la premier remarque
2. Lorsque le Kahal veut persécuter un particulier juif il s’adresse à la police et lui déclare qu’il a enfreint les règlements des revenus du Kahal. Il est autorisé à de semblables actions par les lois du Talmoud. Voyez l’acte sous le N°149.
3. Voyez le chapitre 11.

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La fête du mariage commence avant le jour de sa célébration. Ordinairement c’est la veille du Sabbat qui précède le mariage.

Lorsque le 6me jour de soucis et de travaux s’approche de sa fin et que la paix et le repos annoncent l’approche du Chabar, de ce jour sacré : arrivent dans la famille du promis et ensuite dans celle de la promise les musiciens qui exécutent les mélodies nationales du Kobalat-Chabat1.

C’est ainsi que se signale communément une noce juive. Le samedi matin les honneurs attendent dans la synagogue le promis, son père et leurs parents. Pendant la lecture des cinq livres, le promis est honoré après ses parents et amis de la lecture dernière par le nombre et la place qu’elle occupe dans les prières instituées pour ce jour très important par sa signification alia, (gonneur)2 nommé Mouflir et après les souhaits publics de longue vie dont le chantre fait résonner la synagogue en son honneur. Alors de tous les côtés de la synagogue et surtout du côté occupé par les femmes, tombe sur lui une grêle bénie de noisettes, d’amandes etc. sur lesquelles s’élancent les enfants de la plèbe et il s’ensuit quelquefois des scènes qui sont indignes d’un lieu consacré à la prière.

C’est avec solennité que le promis retourne à la maison, entouré d’amis et parents qui s’empressent de féliciter la famille. Celle-ci leur offre des rafraîchissements et une légère collation. Enfin le jour du Sabbat approche de son déclin. Les musiciens apparaissent de nouveau d’abord chez le promis, et ensuite dans la maison de la promise en exécutant les mélodies nationales Zemirot (chansons) par lesquelles se termine la journée du Sabbat.

La gaîté règne dans la famille du promis; mais dans celle de la promise, ces mélodies sont communément suivies de danses, et quoique ces danses s’exécutent par les jeunes filles seules, elles sont toujours très-animées, et souvent se prolongent au delà de minuit jusqu’à ce que toute la menue monnaie qui se trouve dans les poches des danseuses ne vient à passer dans le tiroir du timbalier3. Cependant la semaine des noces est arrivée et avec elle a commencé la vie agitée des familles des promis; tout le monde s’occupe, court et soigne les préparatifs de la fête et cherche les moyens d’embellir celle solennité de famille et d’en augmenter la pompe. Seulement les pères des promis s’occupent d’affaires sérieuses: du placement à intérêts, des dots qu’ils donnent aux promis et d’en garantir le paiement par des effets de commerce etc. Lorsque toutes ces difficultés sont aplanies et souvent par l’entremise du Bet-Din4 il a à récompenser le chadhan5 des peines difficiles, qu’il s’est données pour arranger le mariage, dans le cas contraire le chadhan peut mettre opposition au mariage jusqu’à ce que le Bet-Din ne décide l’affaire. Ensuite il faut s’acquitter envers les personnes du Rabache, par ce que sans cela la cérémonie du mariage ne peut s’accomplir6. Enfin après avoir satisfait à toutes ces exigences non sans beaucoup de peine et fixé le prix avec les musiciens, la Ketouba étant prête7 (Ketouba – instructions écrites des devoirs des maris envers leurs femmes) après une courte tournée du chameche en ville avec l’écrit légal en mains, les chambres des promis se remplissent de convives, Dans ce moment on apporte au promis de la part de la promise le talete & kitte8 vêtement de prières des Juifs mariés, dont on les revêt à leur mort. Ces dons sacrés lui sont remis par le badhane, qui par des versets, qu’il improvise, tâche d’en expliquer la haute signification et surtout celle du jour pendant lequel il le reçoit. Lorsque le promis aura suffisamment pleuré, attendri par les improvisations du badhane, il s’abandonne aux soins des jeunes assistants qui se mettent en train de l’habiller de ses vêtements pour la cérémonie du mariage; et précédé de la musique, le badhane se rend chez la promise. Les convives s’y sont déjà ressemblés. Tous ont entouré la promise (communément assise sur le pétrin renversé) el s’occupent en silence à tresser ses cheveux, On est triste en ce moment, et tout le monde attend avec impatience l’arrivée du badhane improvisateur pour s’attendrir au sou de sa lyre et alléger son coeur des tristes sentiments qui l’oppressent. Pendant cette cérémonie dans la mémoire de toutes les Juives reparaissent les jours passés de leur liberté, de leurs espérances qui brillaient dans leur avenir avant le mariage, et le long fil de jours sombres désespérants qu’ils ont souffert sous le joug insupportable de leur mariage. Et moi aussi j’étais promise, pense Esther jeune encore par son âge mais vieille de figure, les parents me faisaient des promesses brillantes sur l’avenir dans le mariage – mes espérances étaient brillantes et roses. Comment se sont-elles réalisées ? Je n’ai pas encore 25 ans et j’ai déjà l’apparence d’une vieille femme. Je succombe sous le poids pénible de mon existence, sans espoir, par ce que je suis l’unique soutien d’une famille nombreuse; il est vrai que mes parents n’ont pas été avares envers moi. Ils m’ont donné beaucoup de choses plus que leurs moyens ne le leur permettaient, et m’ont eu à leur charge pendant plusieurs années. Pourrait-on exiger d’avantage des parents ? Mais où donc se voient les fruits de tant de sacrifices et de tous les biens matériels dont ils m’ont comblée ?

Comme pour répondre à cette question mentale paraît dans l’imagination d’Esther la figure mesquine et sans expression de son mari rébé Hendelé ou réhé Tichélé. Oui, continue à penser Esther, mes parents ont fait beaucoup de sacrifices, mais à qui m’ont ils livrée ? Mon mari n’avait que 17 ans, c’était un adolescent et comme la plupart des promis juifs il n’était préparé pour aucune occupation sérieuse. Voilà où se trouve la véritable cause de mon malheur. Je n’ai trouvé en lui ni appui matériel, ni protection; et il ne fait qu’augmenter le poids de l’existence de la famille que je dois supporter sur mes épaules.

Les mêmes réflexions occupent Rachel Reweka et beaucoup d’autres ici présentes, par ce que à très peu d’exceptions près il n’y a pas de femmes juives qui n’aient éprouvé Je sort d’Esther. C’est dans ce moment aussi triste que le Badhane paraît comme descendu du ciel avec ses improvisations morales. Parle-t-il raison, ou fait-il un assemblage de mots en forme de vers qui ne renferment aucun sens -c’est égal, tout le monde fond en larmes.

Mais tout à coup les portes s’ouvrent et apparaît le chameche et annonce en criant : kobalat ponim legahatam (venez à la rencontre du promis). Le promis le suit, entouré d’hommes, s’approche de la promise et la couvre d’un mouchoir, qu’on lui présente.

Pendant cette cérémonie les femmes jettent sur lui du houblon et de l’avoine. Immédiatement après, avec la musique en tête et des chandelles allumées les chaffaires ouvrent la marche solennelle sur l’emplacement où se trouve le houpé (le baldaquin communément disposé dans la cour de la maison de prière). Les parents et les assistants y conduisent la promise, qui, ayant fait sept tours autour de la personne de son promis, se place à sa droite. Le Badhane à haute voix invite les parents pour la bénédiction des nouveaux mariées sous le dais; ce que chacun fait en leur imposant les mains sur leurs têtes. Ce n’est qu’après cela qu’on procède au mariage. Cette cérémonie commence par la prière sur la coupe et l’honneur de cette cérémonie est dévolu à celui des coryphées talmoudiques présents, qui a su conquérir la première place entre les savants talmoudistes.

On l’y invite à haute voix en accompagnant son nom du titre de rabbin, les promis goûtent le contenu de la coupe qui a servi à la prière, après cela le chaméche lit à haute voix en langue chaldéenne le contrat de mariage. Ensuite on remplit la cérémonie du Kedouchine; le promis donne à la promise un anneau d’argent ou une monnaie en lui disant: garei ht mekoudechéle li betaabate soukedat moche Israël (avec cet anneau tu m’es fiancée par la loi de Mloïse et Israël). Dans cet instant il doit écraser de son pied la coupe qu’on a posée à terre pour que dans ces moments solennels il n’oublie pas la chute de Jérusalem. Ici on fait derechef un courte prière au dessus d’une autre coupe et lorsque les nouveaux mariés auront goûté au contenu, on leur adresse des félicitations unanimes masoltov, et avec la musique en tête on reconduit les mariés à leur demeure.

Les mariés ont jeûné toute·la journée, parce que le jour du mariage est le jour du pardon pour les conjoins. A présent ils s’asseyent pour la première fois ensemble et mangent un léger potage préparé d’un poulet, qui s’appelle cette fois soupe d’or.

Enfin arrive le soupé – le moment le plus intéressant de la fête. Le soupé est prêt, les tables sont dressées pour les hommes et les femmes (naturellement à part), les chandelles sont allumées, on n’attend que les convives qui ont tardé. Sont déjà arrivés Rebe Meyer, Dajon Rehé Haime député et les parents – que tarde-t’on ? On invite à prendre place, crie le badhane et tous les conviés s’acheminent pour remplir la coutume de se laver les mains, sans quoi le Juif ne touche pas à son pain.

Près du marié qui occupe la première place à table (obenan) tout le monde s’est placé. L’invitation au soupé est faite dans les mêmes termes et d’après la même liste, mais choisissant la place de chacun selon sa position sociale et son mérite. Que nul ne s’avise de prendre place au haut bout, s’il n’en a pas le droit, parce qu’on l’en ferait déloger honteusement et même on lui ferait quitter le festin. La place proche du marié appartient au Rabbin (s’il honore la fête de sa présence), au personnel du Kahal et du Bet-Din, à l’aristocratie scientifique et financière et le commun des mortels se tient plus loin;- mais entre ceux-ci même les principes démocratiques ne sont admis : un melamède ne s’assoira jamais auprès d’un cordonnier et un cabaretier dédaignera le voisinage d’un boulanger. Lorsque tout le monde est placé et que le pain a été rompu, après la prière d’usage les servar (servant à table) servent les convives conformément au titre et à la position sociale de chaque individu. Le mérite du servar consiste à diviser le poisson et le rôti en portions de manière qu’une portion aristocratique ne soit jamais servie au coin de la table occupée par la plèbe. De cette manière, les retardataires ne perdent rien. Si une personne considérée arrive vers la fin d’un soupé, la voix du servar retentit en criant :
« une bonne portion de poisson pour Rehé Haim » etc. La partie matérielle du festin est rehaussée par un divertissement spirituel. Les mets succulents que l’on sert sont accompagnés d’improvisations en vers piquants du bodhan avec musique. Il y met beaucoup de flatterie aux mariés et à leurs parents et à toutes, les personnes distinguées de la réunion, il fait allusion à l’esprit excellent caché dans la personne de Rebé Leiha ici présent qui a puisé jusqu’au fond la sagesse du Talmoud, de la parente de feu Rebé Chleim, ancêtre de la mariée avec le grand Rabbin du village Chtoldichek; il s’adresse ainsi à tous les convives (naturellement aristocrates) répandant les honneurs et la gloire avec libéralité. Après avoir égayé l’assistance par ses saillies oratoires, le badhane se fait acteur prestidigitateur etc., en un mot le badhane est passé maitre en cela.

Mais voilà que le festin nuptial approche de sa fin, le badhane annonce droché gechenk (les cadeaux de noce)9 et il pose les objets qu’il reçoit dans un plateau préparé à cet effet, en proclamant les noms des donateurs et les objets qu’ils lui remettent. Ces dons consistent quelquefois en objets de prix, vaisselle d’argent, chandeliers, colliers, diamants et argent comptant etc.

Mais cela se termine bientôt – tout le monde se sent fatigué et quitté la table après une prière on se prépare à la danse du cochère. Le badhane invite chacun des assistants qui s’approche de la mariée et lui prenant le bout du mouchoir qu’elle tient en main fait un tour de danse avec elle. Le marié s’approche le dernier et après la danse du cochère, les mariés sont conduits à la chambre nuptiale.

Si le lecteur prend connaissance des décisions du Kahal énoncées dans les documents sous les N°N° 53, 54, 130 et 158 il verra la dépendance servile dans laquelle se trouve le Juif du Kahal, même lorsqu’il s’agit des actes de l’intérieur de son ménage comme par exemple dans le choix des musiciens, des plats du festin et des convives mêmes .. Tout cela ne dépend pas de lui et se trouve entièrement abandonné an choix et à la discrétion du Kahal. Nous en reparlerons du reste dans le chapitre suivant.

1. Hochen-Gamichote chap.22, verset 1., chapitre 12 et Techoubote-Garoch § 22.
2. Dans chaque commune juive le personnel des musiciens est confirmé par le Kahal, il se compose d’un violon, d’une basse, d’une timbale et d’un tambourin plus un badhane qui égaye les convives pendant le souper par des saillies qu’il chante pendant le repas, et se fait prestidigitateur, etc.
3. Voyez le chapitre 4.
4. Les danseuses pendant le Zemirot paient les musiciens elles-mêmes à des prix fixes pour chaque danse.
5. Voyez l’article VIII
6. Ces mariages entres juifs se font par l’entremise de chadhan et il y a toujours dans la ville plusieurs personnes qui s’occupent spécialement de cette industrie.
7. Rabache est un impôt au profit du Rabbin, du chantre et du chamêche à Wilna. Cet impôt était affermé jusqu’en 1868 et se prélevait par la police locale. Cet impôt entrait dans les sommes des revenues dont nous avons parlé dans le Ve article.
8. Ketouba c’est l’acte de mariage rédigé en langue chaldéenne dans lequel les devoirs de l’époux envers sa femme sont tracés.
9. Talete est un mouchoir en cachemir blanc avec de [raissoir ?] aux deux bouts. Le kitel est une chemise blanche comme des Prêtres catholiques pendant le service.
10. Droché-Gechenk sont les cadeaux de noce que tous les parents font au marié soit-disant pour son discours qu’il en fait presque jamais.

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Dans les temps anciens parmi les Juifs existait la coutume, que pendant les actes d’échanges et de ventes un homme (l’acheteur) ôtait son soulier et le donnait à un autre (vendeur)1.

Le talmoud a introduit dans ces règlements sur les ventes et les achats quelque chose qui ressemble à cette ancienne coutume, en lui attribuant, cela s’entend, une grande signification et une force particulière dont il affuble toutes les institutions talmoudiques civiles et religieuses.

Et voilà qu’à présent à chaque acte d’achat ou de vente on commence par remplir Kobalat-Kinian c.-à-d. l’acheteur lui même ou celui qui le représente donne le pan de son habit où son mouchoir au vendeur et lui dit :

«prends cette chose en échange de la terre ou de la maison etc. que tu me vends».

Ce n’est qu’après que le vendeur aura tiré vers lui, de sa main, le mouchoir ou le pan de l’habit, que l’acte de vente-achat est réputé accompli. Et quoique l’acheteur n’ait point encore pris possession de l’objet acheté, et n’en ait par payé aux vendeur le prix convenu, cependant l’objet ainsi vendu, partout où il pourrait se trouver devient la propriété légale de l’acheteur, et aucune des deux parties ne peut annuler l’acte ainsi accompli d’achat-vente2.

De cette manière le Kobalat-Kinian n’est plus seulement une coutume futile, mais le talmoud lui attribue le sens juridique qui valide les arrangements de ce genre pour des propriétés. Il est vrai que les personnes non initiées à la sagesse talmoudique ne saisiront point la signification qu’il attribue à ce tiraillement du pan de la robe ou du mouchoir, soit que, d’accord avec le Talmoud, il suppose que ces objets représentent le prix d’acquisition qui doit être payé au vendeur, soit qu’il représente un simulacre d’échange, nous ne voyons donc pas des motifs suffisants pour lui attribuer la signification juridique pour valider un acte de cette importance3.

Mais malgré l’obscurité de son origine, cette coutume est d’un usage presque général dans toutes les transactions entre particuliers, comme preuve qu’une affaire est conclue; après quoi personne ne peut se dédire. Le Kobalat-Kinian s’exécute seulement dans les achats-ventes qui se concluent entre particuliers juifs : mais non entre les particuliers et le Kahal, parce que les ventes faites par celui-ci, se font à la criée (enchère) et sont garanties par son pouvoir, qui jouit d’un grand crédit4.

Après tout ce que nous avons dit à ce sujet, les passages des documents tous les N°N° 51, 58, 87, 92, 95, 102, 262 dans lesquels on cite Kobalat-Kinian seront tout-à-fait compris de nos lecteurs.

1. Rauf chap 6. verset 7
2. Hochen Hamichote, chap 195, verset 1
3. Kobalat-Kinian a la signification de la jouissance des droits de propriétés
4. Hochen Hamichote chap. 22, verset 1. Chap 12 et Techoubot-Garoch § 22.

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Du Bet-Din (tribunal juif) de son personnel et de ses relations avec le Kahal, de la puissance et de l’importance de ses décisions pour les juifs. Des différentes charges que le Kahal et le Bet-Din distribuent aux juifs; qui servent dans les tribunaux du pays; des moyens qu’ils emploient pour soumettre les récalcitrants aux ordres du Kahal et du Bet-Din et des persécutions secrètes dirigées contre eux.

Dans nos chap. I, II, III & V nous avons démontré à nos lecteurs que le Heder-Kahal (maison du Kahal) est une institution ayant une puissance dictatoriale, illimitée et sans appel. De son ressort sont : toutes les affaires sociales et particulières lorsqu’ils se trouvent en contact avec des particuliers (qui n’appartiennent pas à la religion juive), avec les municipalités locales (non juives), soit avec les autorités et les employés du lieu institués et nommés par le gouvernement du pays.

Nous parlerons actuellement du Bet-Din, tribunal talmoudique toujours d’accord avec le Kahal qui témoigne sa constante protection et du ressort duquel sont : toutes les contestations et les procès entre les particuliers juifs et entre les particuliers juifs et le Kahal même.

Le Bet-Din existe jusqu’à présent dans toute localité habitée par les juifs, sans en excepter une seule, il satisfait aux besoins de la vie mercantile, leur tient liun des tribunaux civils et remplace l’ancien Sanhédrin.

Il faut remarquer que le Bet-Din surgit dans chaque société juive, non seulement parce que les juifs le veulent pour satisfaire l’amour-propre national, mais encore parce que la nécessité en a été reconnue par les lois spirituelles du talmoud et qu’il en forme un des dogmes principaux.

Pour définir le caractère du Bet-Din citons quelques paragraphes du code des lois talmoudiques (Hochen-Hamichot) qui lntite ce sujet.

Il est défendu (à un Juif) de demander justice à un tribunal qui n’est pas juif et aux autres institutions judiciaires. Cette défense conserve sa force dans les questions au sujet desquelles la loi du pays et les lois juives s’accorderaient, et que les deux parties adverses seraient d’accord de soumettre leurs différends à la décision d’un tribunal qui ne serait pas juif. Celui qui contreviendrait à cette loi, serait un infâme. Une semblable action équivaut à la médisance, à la raillerie et à la violation de toute la loi de Moïse1. Dans de semblables circonstances le Bet-Din a le pouvoir d’infliger au renégat l’Indoui et le Herem2 et de ne le relever que lorsqu’il aura délivré son adversaire du pouvoir étranger au Judaïsme3.

Les mêmes peines doivent être appliquées à ceux qui sont du parti du renégat, et même à celui qui userait du pouvoir non Israëlite pour obliger un Juif à soumettre sa cause à la décision du Bet-Din lui même (lorsqu’il n’était pas spécialement autorisé par cette institution)4.

Le document qui autorise les parties à soumettre une cause aux tribunaux du pays (non Juifs) ne doit pas être présenté dans ces tribunaux. Dans le cas contraire le plaignant doit supporter tous les dommages qui dépassent la somme fixée par le document d’après les lois juives5.

Le pouvoir du Bet-Din actuel est fixe de la manière suivante : Maintenant (que les Juifs se trouvent sous la domination des peuples étrangers et qu’ils n’ont point de juges confirmés par l’autorité des terres d’Israël) le Bet-Din juge les affaires : de prêts et dettes, des contrats de mariages, d’héritages et donations et intervient dans les cas de dommages, d’intérêts etc.6 Du ressort du Bet-Din sont : le dommage causé au bétail d’autrui, dégât au bétail par les cornes, et les dents d’une autre bête; les affaires de vols et pillage et dans ces occasions le Bet-Din fait restituer par le voleur ou pillard, seulement la propriété des objets volés, mais jamais davantage c.-à-d. sans lui faire payer l’amende que leur inflige, dans de semblables cas, la loi de Moïse7.
Les affaires de dommages causés indirectement et des dénonciateurs8. A cet article le Hochen-Hamichot ajoute: Quoique le Bet-Din actuel n’ait le pouvoir d’infliger aux voleurs et pillards aucune amende, il a le droit de les soumettre à l’Indoui9 jusqu’à ce qu’il ne dédommage entièrement le plaignant. Le pouvoir du Bet-Din est limité seulement par rapport aux amendes fixées par la loi de Moïse; mais quant aux amendes fixées par les talmoudistes pour contraventions à leurs institutions et règlements-elles se perçoivent partout10.

En outre le Hochen-Hamichot accorde au Bet-Din actuel les pouvoirs suivants. Chaque Bet-Din même lorsqu’il n’a pas été confirmé par les autorités des pays d’Israël, s’il remarque que la nation s’abandonne à l’inconduite, a le droit d’appliquer la peine de mort, d’infliger des amendes et d’autres peines, et pour cela il est superflu que la culpabilité du prévenu soit prouvée par témoins. Dans le cas où le prévenu serait un homme puissant (par sa position parmi les non Juifs) et que les Juifs ne puissent le soumettre par les moyens dont ils disposent, il pourra être puni par l’entremise des autorités non juives (du pays)11. Dans ces occasions le Bet-Din a le droit de déclarer la propriété de l’inculpé Guefker (libre pour tout le monde c-à-d. mis hors de la protection des lois) et de l’autorité, et de détruire le récalcitrant selon que l’exigeront les circonstances12.

Pour faire comparaître par-devant son tribunal un Juif, le Bet-Din a institué les règles et les moyens suivants.

Le Bet-Din enjoint à l’inculpé, par l’entremise d’un envoyé (chamêche) de comparaître à un jour fixé. S’il ne comparaît pas l’injonction est répétée. Si l’inculpé manque encore, le Tribunal lui fait son 3eme appel, et l’attend toute la journée et si l’inculpé vient à désobéir le lendemain on lui inflige l’Indoui. Mais on ne se conforme à ce règlement que lorsque l’inculpé s’absente souvent pour affaires dans les campagnes. Mais si l’inculpé habite constamment la ville, on l’appelle une seule fois et s’il manque de se présenter, on lui inflige le lendemain l’Indoui. Il est défendu de manquer de respect à l’envoyé du Bet-Din. Si l’on venait à l’offenser le Bet-Din a le droit de punir l’inculpé par des peines corporelles (du fouet). L’envoyé lui-même est en droit de punir le mutin, et il n’est pas responsable des dégâts et dommages pécuniaires qu’il peut causer dans ces occasions à l’inculpé récalcitrant. Si le Bet-Din venait à changer de lieu d’installation, l’inculpé est tenu d’y comparaître dans le lien de sa nouvelle résidence.
En cas contraire on lui applique l’Indoui. Si l’envoyé déclare qu’il a été insulté ou le juge (en son absence) ou que le prévenu se soit refusé à comparaître devant le Tribunal – l’envoyé mérite confiance et par son entremise même on déclare au coupable « chamtai » (c.-à-d. la mort l’Indoui ou le Herem)13.

Les lois talmoudiques que nous avons soumis à nos lecteur14 suffiront pour expliquer la signification et le contenu des 52 décisions de Bet-Din publiées à la fin de cet ouvrage sous les 23, 24, 26, 50, 51, 78, 102, 118, 120, 123, 132, 143, 144, 145, 146-149, 155, 156, 177, 180, 182, 183, 196, 199, 203, ‘204, 207, 208, 210, 211, 215, 216, 219, 222, 223, 232, 234, 235, 236, 239, 240, 241, 255, 256, 260, 263, 264 et 265.
Les citations des lois qui règlent les détails de l’existence des Juifs et les moyens étranges que le Kahal emploie dans ces occasions (annexée à cet ouvrage sous les 148 et 189 pour le soutien du Bet-Din contre l’affaiblissement) s’expliquent : par ce que la conservation intacte du Bet-Din est inséparable au maintien des principaux dogmes de la religion talmoudique.

Il serait erroné de supposer que toutes les affaires qui surgissent entre Juifs sans exception sont décidées par le Bet-Din. Dans beaucoup de circonstances, et surtout dans des cas épineux où la loi juive est contraire au sens commun, soit lorsque la forme et les termes de la loi ne s’accordent pas avec la justice et la conscience, le cas est décidé non par les dajons c’est-à-dire juges du Bet-Din, mais par un compromis auquel participent quelquefois les dajons si les deux parties adverses en font le choix. Pourtant cela arrive rarement. La plupart du temps dans les cas de compromis on choisit des gens connaissant le commerce et l’industrie et la vie pratique, mieux que les membres du Bet-Din qui bornent leur savoir à l’étude du Talmoud. Les questions qui touchent à la religion comme par exemple du kochère et trêfe, de l’abattage des bestiaux, de la purification des femmes, de la rédaction des actes de divorce – sont rarement soumises au Bet-Din. Ces questions sont du ressort spécial du rabbin ou Moré-Héroé, dont nous parlerons plus bas15, soit aux savants talmoudistes qui ont su inspirer la confiance et le respect.

Pour éclaircir le sujet que nous traitons, nous devons toucher aux procès entre Juifs qui se trouvent actuellement dans les tribunaux du pays (non Juifs) et autres institutions judiciaires.

N’envisageant que l’énormité du nombre de ces procès, on pourrait supposer que les règlements qui interdisent aux Juifs de recourir à la protection des tribunaux non-juifs, sont tombés en désuétude et contrarient les Juifs, mais cette opinion serait erronée : les procès dont nous parlons consistent en lettres de change et obligations de ce genre, que les Juifs présentent pour rentrer dans les sommes que ces effets représentent et ce ne sont pour la plupart de cas que des moyens employés pour soumettre les rebelles aux décisions du Bet-Din ou du Kahal; le lecteur n’aura pas oublié que le Talmoud autorise le Bet-Din à soumettre les rebelles par l’entremise des autorités étrangères au Judaïsme.

Grâce à ce passage de la loi talmoudique les lois du pays que les Juifs habitent, et les autorités de ces contrées souvent servent aveuglement le Bet-Din et le Kahal16. Toutefois pour éviter tout embarras, sous ce rapport le Bet-Din et le Kahal lient les parties adverses d’une cause par des blanc-seings sur ses papiers timbrés, avant le jugement. Si la partie qui a perdu sa cause par-devant le Bet-Din est mécontente de la décision et refuse de s’y soumettre, le blanc-seing qu’il a livré au Bet-Din avant le jugement est converti en lettre de change et c’est avec cet espèce d’effet de commerce, ainsi extorqué, revêtu de toutes les formalités légales que le Talmoud permet à la partie qui a gagné sa cause de s’adresser aux autorités locales du pays pour se faire payer, c’est de cette manière que le Bet-Din est soutenu par la justice du pays, qu’il contrebalance constamment en lui faisant opposition, et voilà de quelle manière s’explique l’accumulation d’une quantité énorme d’effets de commerce pour la poursuite des débiteurs dans les tribunaux du pays.

Après avoir démontré les procédés dont use le Bet-Din, nous nous croyons en droit de nous étonner que chaque fois qu’il s’agit de cette administration dans les hautes sphères administratives du gouvernement on lui applique à tort le nom de tribunal religieux, d’arbitres etc. Toutes ces définitions lui conviennent aussi peu qu’au tribunaux réguliers institués par les lois du pays qu’ils habitent.

Il nous reste à prouver à nos lecteurs que la domination du Bet-Din n’a nullement diminué aujourd’hui même.

Nous ne surchargerons pas pour cela la mémoire de nos lecteurs en produisant les nombreuses décisions des Bet-Din actuels, que nous avons sous la main, nous nous bornerons à mentionner un mandat de comparaître par-devant le Bet-Din et dont la traduction est légalisée par le rabbin de Wilna Ch. Klidtchko élève de l’école des rabbins dans cette ville, et qui porte le sceau de son office et la date du 29 Janvier 1869.

(Traduit de l’hébreu) Nons certifions par la présente que Rebe Ouria Diment a appelé Rebbé Joseph, fils de Rebbé Ocher Paz par-devant le tribunal (Bet-Din) en lui déclarant à cette occasion, qu’en cas de non-comparution il sera tenu d’indemniser Diment de toutes les dépenses et dommages qu’aura supportés Diment par cette raison, et qu’il sera délivré à Diment un mandat de comparution par écrit (par le Bet-Din). Malgré cet appel Paz n’a pas consenti à terminer l’affaire avec Diment par-devant le Bet-Din. Tout cela a été vérifié par deux de nos envoyés. En foi de quoi nous signons Mercredi le 29 Janvier 1869. Wilna : Meier Landan, Jankel Berko Kan, Levi Haim Herchater et Sasar Kleinberg.

Ce petit document nous confirme le fait que le Bet-Din continue à exister et que les nouveaux rabbins, élèves de l’école de Wilna lui prêtent leur appui, que l’expression de ses mandats ont conservé leur caractère de rigueur prescrit par les lois du talmoud citées plus haut.

1. Hochen-Hamichote, chap 26, page 1
2. Voyez l’article V
3. Voyez les documents sous les numéros 148 & 149
4. Hochen-Hamichote, chap 26, page 1
5. Même source page 4
6. Même source, chapitre 1 page 1
7. id. id. id. 1 page 3
8. id. id. id. 1 page 4
9. Voyez l’article V
10. Hochen-Hamichote, chap 1, page 3
11. Voyez le chapitre V – et la remarque dans laquelle il est démontré à quelle amende on soumet dans de semblables circonstances.
12. Hochen-Hamichote, chapitre 11 page 1, Joa-dea chap 288.
13. Hochen-Hamichote, chapitre 11, vers 1-4
14. Nous croyons devoir faire remarquer que nous ne citons ici qu’une partie des lois qui règlent le pouvoir et les actions des Bet-Din actuels
15. Voyez l’article XII
16. Voyez l’article V

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Chaque société juive a des lieux d’aisance publics qui sont construits et entretenus par le Kahal aux frais publics. Cette construction se trouve communément près de la synagogue dans sa cour. Pour exposer le motif de ce voisinage, nous devons entrer dans les détails de l’organisation de la cour de l’école (synagogue).

Sous la dénomination de la cour d’une synagogue, dans les villes et villages, que les Juifs habitent, il faut entendre un certain espace communément dans le quartier juif où se trouvent bâties les constructions publiques juives suivantes :

1) Bet-Haknesset (la grande synagogue),
2) Bet-Hamidroche (maison de prière et école),
3) Bet-Hamerhats avec la Mikwa (Bains publics avec le bassin pour la purification de femmes après les couches et l’époque des menstruations),
4) Hedez-Hakahal (la maison du Kahal),
5) Bet-Din (tribunal talmoudique),
6) Hekteche (Asile pour les pauvres) etc.

Quoique ce soit à la grande synagogue d’après les ornements extérieurs et intérieurs qu’appartient la première place parmi toutes les maisons de prières chez les Juifs, toutefois comme c’est une construction qui n’est jamais chauffée, elle ne sert de centre aux prières publiques que les jours du nouvel an, du jugement et dans d’autres occasions particulières, comme par exemple : à l’arrivée d’un chantre renommé, d’un prédicateur célèbre ou à l’occasion du désir exprimé par une personne appartenant aux sommités de l’administration d’assister au service divin de la synagogue juive. Dans d·autres occasions, pendant toute l’année, les prières publiques se font dans le Bet-Hamidroche, construction voisine de la synagogue, bâtie dans sa cour. Mais cet édifice a aussi une autre destination. Il sert de centre aux études de la science talmoudique. Matin et soir, après les prières, différentes confréries s’y assemblent pour écouter la lecture du Talmoud de la voix de leurs précepteurs. Et pour beaucoup de personnes qui n’ont pas de domicile fixe, et qui se sont vouées à ces études le Bet-Hamidroche leur sert de domicile et ils ne l’abandonnent ni le jour, ni la nuit.

Outre cela le Bet-Hamidroche sert de lieu de réunion lorsqu’il s’agit de prendre une décision sur des sujets importants qui intéressent toute la population; et renferme les bibliothèques publiques et celles des confréries. Dans son voisinage se trouvent les bains publics avec la mikwa1.

Autour de ce centre se trouve souvent groupé un certain nombre de maisons de prières. Klaus, Echibot, talmoud-tor, qui à l’exemple du Bet-Hamidroche servent aussi de local pour différentes écoles d’instructions religieuses, à l’étude desquelles se consacrent habituellement un grand nombre de jeunes gens de tout âge et de toute condition pour approfondir leur connaissances des lois talmoudiques – et où tous les vagabonds trouvent un asile sûr et durable. De plus cette cour renferme habituellement la maison du Kahal, l’esprit et les actes duquel nous sont révélés par les documents annexés à cet ouvrage. Dans son voisinage se trouve l’institution du Bet-Din, ce reste de l’ancien Sanhédrin conservé jusqu’à nos jours, par la protection que lui accorde le Kahal, qui complète son pouvoir par rapport à la justice. Le Bet-Din avec son Rabbin (ou Rache-Bet-Din) à la tête2 qui y réside habituellement avec sa famille.

En plusieurs endroits dans ces cours il y a des « Hekched » asiles repoussants pour la lie et le rebut de ces vagabonds bruyants, la présence desquels devient insupportable aux habitants peu scrupuleux du Bet-Hamidroche, klaus etc. Ainsi la cour d’une synagogue ne correspond nullement à l’idée que nous avons des enceintes des églises chrétiennes et des mosquées : c’est une république juive avec toutes ses institutions administratives, judiciaires et d’instruction religieuse et autres. Après cela il est aisé de comprendre pourquoi chaque cour de synagogue a un pressent besoin de lieux d’aisance, desquels il s’agit dans les documents sous les N°N° 40, 58 et 59.

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1. Voyez plus loin l’article XVI
2. Les Rabbins n’existent pas partout. Dans les grandes villes pour la plupart il y a seulement un Rache-Bet-Din (président de Bet-Din) et Noréguéroé (un savant destiné pour discuter différentes questions), à Wilna il n’y a pas de rabbin depuis plus de 70 ans : le Kahal ne veut pas avoir de rabbin parce que celui-ci prétend quelque fois à se mêler de leurs affaires publiques.

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Roche-Hachann (nouvel-an) les Juifs le fêtent comme Moïse l’a institué le premier jour du mois Tichra (en automne dans les premiers jours de septembre1 quoique après la destruction du Temple de Jerusalem cette fête ait changé définitivement son caractère primitif, son influence et sa signification historique pour la nation juive ont persisté et se conservent presque dans toute leur force.

Naturellement en comparant la fête du Roche-Hachann du temps des temples avec la fête actuelle, il y a la même différence que de la gloire aux revers et comme entre une solennité nationale et le deuil public. Lorsque les temples existaient, le jour du Roche-Hachann, par son institution même, était pour Israël un jour de grande solennité. Le temple retentissait des chants de hymnes des lévites, et des éclats triomphants des cors et commençait par cette solennité du jour Roche-Hachann la période des dix jours pendant lesquels le peuple, le clergé, et même les objets les plus sacrés se préparaient aux grandes solennités nationales du moment auquel le grand-prêtre, entré avec les dons de purification dans les Saint-des-Saints rapportait à Israël le pardon de Jegowa2. Donc à l’approche du Nouvel-an luisait pour les Juifs l’espoir de recevoir de la bouche de Jegowa lui-même, qui était toujours parmi eux, le mot puissant de pacification et c’est dans cette espérance que le grand-prêtre avec le peuple, après le sacrifice disait adieu à l’année écoulée avec tous ses déboires et rencontrait la nouvelle année avec l’espoir que la bénédiction de Dieu l’accompagnerait.

Lui donnant une telle signification et par les rites qui l’accompagnent, on comprend que la fête de Roche-Hachann était pour les Juifs une fête de solennité nationale, de grandes réjouissances pieuses et de méditations. A présent tout a changé. Le jour du Roche-Hachann est un jour de douleurs, de tristesses et de gémissements. Les raisons d’un tel changement sont visibles. Un peuple qui a perdu son indépendance ressemble à un homme souffrant d’un maladie. Dans les cas les plus désespérés et les crises les plus affreuses, dans le péril le plus imminent l’espoir de la guérison ne l’abandonne jamais et jusqu’à ce qu’il n’expire il rejette loin de lui toute idée de mort.

Il est naturel que dans ces circonstances, les peuples comme l’homme s’abandonnent entièrement à l’espérance qui les anime. Dans le moment fatal où le vainqueur se couronne de lauriers, l’espérance protectrice des faibles reçoit sous son égide le vaincu, lui murmure en le consolant: Que tout n’est pas encore perdu, que si tout l’a trompé dans ce monde visible, s’il n’y trouve plus aucun secours, il doit l’attendre ailleurs dans les cieux vers lesquels doit être tourné son regard attristé. Dans cet état d’exaltation d’esprit d’une nation les sentiments patriotiques se confondent définitivement avec ses sentiments religieux parce qu’il a pour source, non les intérêts et les passions terrestres, mais la flamme qui descend d’en haut. Alors le rétablissement du royaume déchu et le retour de la liberté perdue occupent la première place dans la tendance spirituelle du peuple. Pour soutenir ce sentiment précieux, sans lequel sa résurrection des peuples déchus serait impossible, il surgit toujours tout une littérature d’hymnes, de complaintes, de récits patriotiques du genre le plus propre à réveiller les passions les plus inflammables. Il est évident que de semblables appels patriotiques qui font vibrer les cordes les plus sensibles d’un peuple jouissent d’une haute popularité spirituelle et acquièrent la signification d’une propriété précieuse de la nation; mais pour devenir des prières sacrés et composer le service divin, ces hymnes patriotiques n’ont pu atteindre à une telle hauteur que chez les Juifs exceptionnellement. D’après la loi de Moïse, le service à Jehowah ne peut être accompli que dans les murs de Jérusalem dans le temple.

Naturellement qu’après la destruction du temple le service divin a dû cesser, laissant un énorme vide dans la vie religieuse d’Israël. Les représentants du peuple juif dans ces temps-là ont su habilement profiter de cette circonstance, ainsi qu’on le voit par l’histoire; la reconstruction du Royaume devait être le principal but de la vie. Au lieu de sacrifices des fêtes, sans lesquels d’après l’esprit du Judaïsme, une fête n’a pas de signification, ils ont institué provisoirement jusqu’au rétablissement du Royaume et du Temple – le Maussouf – service synagogal formé pour la plupart des hymnes patriotiqnes, dans lesquels la pénible époque de la chute du royaume, du temple, du bannissement et des souffrances etc. ressuscitent et apparaissent en vifs et déchirants tableaux.

Grâce à ce soutien artificiel du sentiment patriotique cet étal de fêtes juives a justifié les paroles du prophète : Je convertirai tes fêtes en pleurs3. Cette prophétie s’applique particulièrement à la tristesse du Roche-Hachann actuel.

Comme fête la plus solennelle, la nouvelle année est le jour qui amène la période importante de la purification nationale dont nous avons parlé. Roche-Hachann comparativement aux autres fêtes a reçu l’expression caractéristique de l’état déplorable actuel. Actuellement le Moussaf du jour Roche-Hachann c.-à-d. la prière qui caractérise cette fête étant pénétrée de sentiments patriotiques passionnés, commence par l’institution talmoudique du Tekiot-Chofère (son du cor). S’il nous fallait remonter aux sources sacrées de cette coutume, nous en trouverions l’allusion suivante dans le texte du Talmoud :

«et que ce jour soit le jour du son du cor»4

ce qui d’après les commentaires cabalistiques des talmoudistes signifie :

Le jour du Roche-Hachann Jehowah terrible est assis sur le trône de sa justice et sans partialité pèse les actions des vivants et fixe à chacun la peine qu’il mérite, les uns doivent continuer à vivre, d’autres doivent mourir, certains en leur temps; d’autres avant le temps; les uns par eau et d’autres par le feu; etc.5 Tout cela se fixe en détail le jour de Roche-Hachann. A cette séance se trouvent présents: d’un côté le défenseur d’Israël connu aux Talmoud et Kabala sous les noms Metatrone, Tachbacha, et Patspasia, et d’un autre côté son adversaire Satan qui vient annuellement rendre compte des actions des victimes qu’il a attiré dans ses filets de péchés et tentations. Et les sons du cor encouragent pendant cet acte les défenseurs d’Israël et confondent son ennemi Satan.

Quoique ces commentaires soient confirmés par différents textes dans le talmoud, soor etc. ils manquent de bon sens et pour ceux qui out assisté à cette fête une seule fois, reste incompréhensible la signification sacrée attachée par le Judaïsme aux sons tirés d’une corne de bélier. Nous sommes d’avis, qu’il ne faut pas chercher l’origine de cette coutume dans les versions talmoudiques, mais dans le sens du 42eme Hymne qui est récité par tout le peuple sept fois de suite:

« Tous les peuples applaudissez. Adressez-vous au Seigneur de la voix réjouie, parce que le Très-Haut et Très-Redouté Jehowah est le grand Roi de l’Univers, nous soumettra tons les peuples et tontes les tribus, et les mettra à nos pieds, fera le choix de notre héritage, l’orgueil de Jacob, qu’il aime beaucoup (éternellement). (Alors) s’élèvera la voix de Dieu par le son du cor. » etc

. D’après le sens de cet Hymne que les juifs envisagent non comme une simple prière, mais comme une prédiction prophétique de la gloire future de leur nation, choisie entre toutes par l’Eternel, et aux gémissements déchirants dont la synagogue retentit pendant les 7 lectures de l’hymne la signification du Tekiot-Chofère reluit des ténèbres dont l’enveloppent le Talmoud et Kabala. Et voilà comment cette coutume du son du cor, obligatoire pour chaque Juif, a été introduite comme final de l’hymne patriotique, par lequel les Juifs, d’après leur système ont voulu solenniser le jour du nouvel an et l’anniversaire des 10 jours de pénitence et de purification de toute la nation6.

Naturellement la signification du Tekiot-Chofère a changé, mais toujours elle exerce une grande influence sur l’esprit national juif. Peu après la chute du royaume de Jérusalem Tekiot-Chofère a servi de moyen énergique aux sages représentants des vaincus pour inspirer aux masses les sentiments patriotiques et les pousser à des entreprises révolutionnaires, qui ont amené l’exil général des Juifs de la Palestine après leur fatal soulèvement à l’époque d’Adrien conduits par leur chef Bar-Kohba. Aujourd’hui Tekiot-Chofère achève d’attrister le caractère lugubre de la fête Roche-Hachann et ajoute aux moyens pour isoler les Juifs des autres peuples de l’univers.

Après tout ce que nous avons rapporté, il est facile de saisir les motifs qui ont poussé le Talmoud à rendre la coutume du Tekiot-Chofère obligatoire pour chaque Juif et le:; raisons qui ont motivé la décision du Kahal énoncée dans l’acte sous le 30 de rendre plus sévère le contrôle habituel sur les maisons des prières à la nouvelle année pendant toute la durée des dix jours, période fixée pour la pénitence.

———

1. 4eme livre de Moïse, chapitre 29, verset 1-r
2. Voyez le chapitre XIV
3. Amosse, chapitre 8 verset 10
4. IV livre de Moïse chapitre XXIX, verset 1
5. Voyez la prière (Ounsané-Tokef)
6. Nous appuyons notre opinion de ce que le jour du Jugement le son du cor termine l’acclamation patriotique du souhait l’an prochain à Jérusalem.
7. Le congrès de rabbins tenu à Leipzip en l’année 1869 avait projeté d’omettre dans les prières juives tous les passages qui tendent à la promesse de la venue du Messie et du retour à Jérusalem reconnaissant que l’exaltation qu’ils inspirent empêche les juifs de s’assimiler aux citoyens du pays qu’ils habitent et de vaincre leur isolement. Mais les adversaires de cette opinion ont démontré avec raison que si on admettait ces changements – ce serait abolir le judaïsme. Les journaux juifs de cette année Hamichit et le libanon sont remplis d’une polémique littéraire très intéressante à ce sujet et une attention particulière mérite l’article de D. Gordon dans les N°N° 31-31 du Hamahede 1869.

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Le Talmoud distingue trois classes de serments :

1) Cheboua-desraita, c.-à-d. le serment prêté selon la loi de Moise;
2) Cheboua-Gesset c.-à-d. Serment prêté selon le Talmoud;
3) Setam-Herem c.-à-d. les questions faites au prévenu sous peine du herem1.

Il faut remarquer que les Juifs en général donnent une très haute idée au serment, imposé par le Tribunal Juif et particulièrement ils ont une crainte excessive et un profond respect pour les serments des deux premières classes. Le respect général des Juifs pour ces serments est si grand, que le particulier qui a prêté une fois serment même dans la vérité de sa conscience déchoit aux yeux de la société. Après cet acte il perd son crédit social et on le regarde comme un homme perdu. Il n’est pas étonnant après cela que les Juifs pour la plupart préfèrent s’exposer à des pertes considérables plutôt que de prêter serment auquel il a été condamné par le Bet-Din. C’est pour cette raison que les tribunaux Juifs ne font usage que du serment de la 3eme classe Setam-Herem. Mais c’est avec regret que nous devons ajouter que ce profond respect pour le serment, qui serait une qualité très-méritoire dans le caractère de la population juive, n’existe pas chez elle relativement au serment prêté par devant les tribunaux du pays (non juifs).
Le Talmoud qui règle l’existence ne reconnaît pas comme obligatoire pour les Juifs, les lois et les décisions des tribunaux étrangers à leur religion. C’est pour cette raison que les Juifs n’attachent aucune importance aux serments qu’ils prêtent par devant les Autorités locales et les tribunaux du pays de par la loi2. Dans l’opinion des Juifs ces serments ne sont qu’une simple formalité qui ne mérite guère leur attention.

Pour en finir à ce sujet nous citerons un passage du Maîmonide dans lequel sont réglées les formalités extérieures de la prestation du serment dans toute son originalité.

Du serment.

Nous avons appris que dans notre ville il y a des personnes qui ordonnent à chacun le serment, et qu’il y a des gens qui sont toujours disposées à prêter des faux-serments, et d’affirmer le contraire de la vérité. Ces personnes agissent mal et préparent leur propre perte. Les châtiments infligés pour faux-serment, serait-il prêté pour un denier- sont très grands. Si vous voulez faire prêter serment à quelqu’un, tirez le rouleau sacré et montrez lui les malédictions exprimées dans cette foi et faites apporter la civière dont on se sert pour enterrer les morts, couvrez-la du linceul mortuaire, apportez les cors qui servent à sonner le jour du nouvel-an3. Amenez des petits enfants des écoles, apportez des vessies, remplies d’air et jetez-les devant la civière, le Bet-Din doit dire à celui qui prête serment, que demain on le jetterait lui-même comme ces vessies; apportez un coc, allumez les mandelies, apportez de la terre et placez celui qui doit prêter serment sur cette terre, sonnez du cor et dites lui à haute voix :

Ecoute N. si tu prête un faux serment, toutes les malédictions écrites dans la loi seront ton partage.

Après cela on lui lit la formule du Herem et lorsqu’on sonne du cor – tous les assistants et les petits enfants répondent «Amen».

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1. Hochene-Hamichote, Menrate-Enaim Chap. 75 p.6 et Techoubote-Harambam § 229.
2. Voyez le chapitre VIII.
3. Chearé Tsedek Vol. 5, chap. 4, § 14, Techoubote Hahahonim § 10 et Techoubote Harambam des Maïmonid § 142.

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